L’ART DÉCORATIF coin qu’il chérissait et où il a tant dessiné, je le revois encore drapé dans sa grande blouse blanche, un manteau jeté sur ses épaules, son grand feutre ombrageant ce front si beau, ses yeux si francs, si loyaux, cette bouche qui était devenue d’autant plus expressive qu’elle était presque muette. Il était superbe… Vivant là en patriarche au milieu de cette femme et de ses enfants qu’il adorait et dont il était adoré . . . . Nous étions cependant à la veille de la catastrophe qui devait le ravir à l’art et aux siens. La menace d’autrefois avait mis plus de vingt ans à se réaliser. Vierge l’avait fait reculer par son indomptable énergie et par la puissance vitale qui était en lui. Mais peut-être, aussi, les dépenses de ce cerveau avaient été trop grandes. Il fut frappé une autre fois pour ne plus se relever. L’oeuvre de Vierge vivra longtemps. Ce fils adoptif de notre patrie a payé royalement en gloire le pays qui lui avait fait une place parmi les siens. Une exposition officielle a été orga-nisée au Grand-Palais une vente de son oeuvre vient d’avoir lieu et l’éditeur Floury va publier un merveilleux livre sur Vierge ; un livre abondamment illustré et qui appor-tera cette curiosité d’art de réunir toutes les eaux-fortes que Vierge a faites. Une souscription s’organise pour élever un mo-nument sur sa tombe, Il nous appartenait de témoigner au grand artiste l’admiration que nous devons à sa mémoire et de lui payer le tribut de reconnaissance que nous lui devons pour avoir enrichi notre patri-moine d’art. HENRI BOUTET. Daniel Vierge était officier de la Légion d’honneur, Président de la Société des Artistes espagnols. En d000, il obtint le grand prix de gravure et de dessin avec Mengel et Seymour-Haden en même temps qu’on lui décerna la médaille d’or. 216
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