L’ART DÉCORATIF en métal pour la seule recherche de leur charme de forme ou de couleur indépen-dant de leur valeur s au poids s. Les étains allemands, qui les premiers à l’Exposition de t 900 surent se faire par-donner la modestie de leur valeur maté-rielle par l’attrait de leurs formes recher-répliques d’ceuvres exécutées en matières plus précieuses, des documents d’atelier comme Cellini conseillait d’en conserver. L’orfèvrerie voulait l’ignorer elle va peut-être en abuser ; voici l’étain, sous les déno-minations diverses dues aux préparations peu différentes qui l’ont accommodé à ses G al lia-Al étal chées et de leurs adaptations inattendues, ont fait faire à la question un pas décisif. Brateau, Desbois, Charpentier et les quelques autres qui ont fait à l’étain une place si haute dans les tentatives de l’art contemporain. avaient donné ses lettres de noblesse à celui qui, pour nos aïeux, fut le plus bourgeois des métaux. Car si l’art du Moyen âge et de la Renaissance nous a laissé des ouvrages intéressants en cette matière, ils le sont surtout dans le genre simple; ceux de François Briot, joyaux princiers, sont des exceptions; encore se-rait-on disposé à les considérer comme des Ramasse-miettes, corbeille à pain fonctions nouvelles, en passe de redevenir le métal bourgeois par excellence ; tenons compte dans la valeur de ce mot de la dif-férence d’acception qu’il pouvait avoir sous Louis XIV et à notre époque où la classe moyenne a des habitudes de luxe ignorées de ses très proches ancêtres. L’étain est appelé à remplacer l’argent avec un grand intérêt dans des emplois ou celui-ci fut resté d’un usage forcément res-treint ; parmi les intéressants modèles que nous publions aujourd’hui, il en est un grand nombre dont l’exécution en argent eût atteint des prix d’autant plus élevés que la valeur, 196