L’ART DÉCORATIF on trouve dans son oeuvre peu d’arbres qui viendraient rompre l’unité des grandes lignes. De 16o2, je me rappelle la forme toujours admirablement serrée d’une gorge verte, avec un filet d’eau dans le fond; de 1901. voici d’immenses cirques de mon-tagnes autour de lacs tranquilles ; voici le et la fraîcheur de l’impression. Et c’est ren-tré à l’atelier, qu’à l’aide de ces notes prises sur le vrai, il colorie son dessin établi d’après la nature, non sans avoir d’ailleurs préalablement cherché en dessous la tonalité d’ensemble. Ces états intermédiaires de l’aquarelle, ces dessins rehaussés sont du cap Rosas baigné dans une mer bleue; voici le bourg de Porto de Selva et le bouquet rose et blanc de ses petites maisons. Ces Pyrénées orientales n’ont plus le caractère sauvage de la Bretagne ou des Pyrénées des Bains de Trédoz; la compo-sition y gagne en harmonie. Pour que l’har-monie du coloris y gagne également sans que la vérité y perde, Gaston Prunier di-vise avec raison son travail; d’une part, le dessin serré est toujours tracé devant la nature; de l’autre, pour saisir l’ensemble d’un effet fatalement changeant, Gaston Prunier prend en plein air de petites aqua-relles rapides qui ne sont pas seulement des notes vives et qui valent par la justesse Falaises de la Hève — .9, Adresse reste, comme je l’ai dit, d’une telle qualité qu’ils semblent absolument complets et qu’on demanderait volontiers au peintre de s’y arrêter. Mais il sait continuer en con-servant toutes ses qualités, et tel nocturne dans la montagne est d’un charme infini et d’une impressionnante poésie. Gaston Prunier a étendu son observa-tion à l’homme, au travailleur ou au pas-sant de la rue. Ses débardeurs du Havre, où le peintre est né en 1863, ses charbon-niers noirs de poussière, montrent en lui une sorte de Constantin Meunier de l’aqua-relle. L’Intérieur d’Un magasin à charbon ou l’Intérieur de l’auberge des Bains de Trédoi, avec le chaudron sur le feu et les vieilles 192
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