Jf- ff-ri ORY-ROBIN Fragmenl de frise (ttoile brodée) [:ART APPLIQUÉ AU SALON D’AUTOMNE Lâ Société du Salon d’Automne a voulu, cette année, ce dont on ne saurait trop la louer, donner un caractère dé-coratif à son installation même ; ne pouvant son-ger à décorer toutes les salles qu’elle occupe au Grand Palais, elle a fait porter ses efforts sur une des quatre galeries du premier étage et sur les deux salles adjacentes. Coupée aux deux tiers de sa longueur par une cloison transversale incomplète, la galerie est tendue, sur un lambris que sur-monte à hauteur d’homme une tablette con-tinue, de peluche d’un jaune bis très doux — disons d’un jaune feuille morte pour ceux qui aiment le symbolisme — et, au-dessus, d’une toile de même nuance ; dans le haut court une frise au pochoir que forme la répétition du chiffre de la Société. Les tableaux de dimension moyenne sont accrochés au lambris, les plus grands au-dessus; sur la tablette, de beaux vases en grès de Bigot, aux teintes amorties, aux formes infiniment variées, alternent avec des oeuvres de petite sculpture. Cet agencement, complété par quelques beaux tapis d’Orient à fond jaune et par des plantes vertes, est très heureux; mais l’étrange idée que d’avoir mis là des meubles Louis XIV et Louis XV! Ils jurent violemment, comme on peut croire, avec les croquis de Rodin, qui sont auprès, les esquisses de Toulouse-Lautrec, les pastels de Louis Le-grand, et autres œuvres d’un modernisme aussi aigu. Les deux salles don-nant sur cette galerie sont tendues d’un mauve délicat, du mauve des colchiques d’automne, qui fait valoir a merveille le coloris délicieux des Renoir et la sombre patine des bronzes du prince Troubetzkoï; la même frise de mono-grammes orne le haut des murs ; et, dans la salle Troubetzkoï, la même tablette cou-rante, d’où pendent les larges plis d’une peluche mauve, supporte à intervalles régu-liers, en des vases grisâtres de Bigot, des bouquets de « monnaies du pape n et d’alké-kenges, dont les disques d’argent et les fruits écarlates achèvent une parfaite har-monie. Ou la statistique n’est qu’un vain mot, ou les artistes décorateurs sont décidément de plus vaillants hommes que les sculpteurs et les peintres. Les deux tiers, en effet, des peintres, les trois quarts des sculpteurs et un tiers seulement des auteurs d’« objets d’art„ qui, en 19°3, exposaient à la fois au Salon de M. Carolus-Duran et à celui de M. Carrière, se sont émus du grand coup d’épée qu’a donné dans l’eau la délégation de la Société Nationale. Est-ce pour cela qu’au présent Salon d’Automne les sections d’art décoratif et d’architecture paraissent, dans l’ensemble, FIND ART DOC
Recent Comments