L’ART DÉCORATIF même chez ceux qui sont restés fidèles au Louis XVI, aux peintures blanches et aux petits carreaux; et il n’est plus guère de commerçants pour présenter leurs meubles aux expositions sans les encadrer tout au moins d’une tenture qu’ils leur approprient de leur mieux. L’harmonie d’ensemble de-vra exister, quand ce sera possible, entre par lui ; chaque meuble, fait spécialement pour la place qu’il doit occuper, atteindra le plus haut degré d’appropriation à son usage pratique et à son rôle décoratif; et si l’architecte en question a le sens de la ligne et de la couleur, s’il a enfin le don de la grâce qui est si essentiel à notre génie fran-çais, un tel ameublement ne sera pas loin de répondre en tout point à notre idéal ac-tuel. On n’en rencontre pas souvent de pa-reils ; il en existe pour-tant, et nous décrirons peut. être un jour ici un petit hôtel récemment aménagé par M. Pierre Sel-mershei m, qui est un chef-d’oeuvre en ce genre. U. SERRURIER les lignes dominantes des meubles et celles de la décoration fixe; elle pourra se com-pléter par des rappels entre les motifs de décor ; mais elle devra être surtout une harmonie de couleurs. Un accord de deux ou trois tons, avec tout le jeu de leurs har. moniques, est un sujet décoratif autrement intéressant et riche en développements que la pomme » ou «la tomate » pour une salle à manger, « la rose » ou «le pavot » s’il s’agit d’une chambre ! Ainsi le type du mobilier architectural sera celui qu’un architecte aura créé pour meubler, par exemple, un hôtel construit Nous avons choisi pour l’illustration de ces notes un certain nom-bre des der-niers meubles créés par M. G. Serrurier, Secrétaire-paravent parce que ce sont pour ainsi dire des meubles d’architecte à l’état pur; la construction de chacun d’eux a été conduite par une logique rigoureuse ; cha-cun est le développement d’une thèse, d’une idée neuve; tout s’y enchaine comme dans un théorème de géométrie ; on pourrait presque dire qu’ils sont schématiques. Nos lecteurs ont pu suivre, depuis quelques an-nées, l’évolution qui a conduit M. Serrurier à cet aboutissement rationnel des principes qui le guident. Les «mouvements» de ses meubles, il n’y a pas encore bien longtemps, tournaient quelquefois à la gesticulation, et l’emploi du métal y pouvait paraître indis-t98
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