L’ART DÉCORATIF de la Maison, pour le Foyer, lequel doit être à la fois familial et hospitalier, et perpétuellement retentir d’un conseil de stabi-lité et de fécon-dité. Je soulignais le caractère fin autant que fort du type basque, fixé par Durio ; on ne saurait, toute-fois, refuser de convenir que cette finesse se mêle, en cette scène, et singulièrement s’allie à une évidente trivialité. — Comme pour faire entendre qu’il pourrait se jouer aux plus aristocratiques élégances, Durio donne ce médaillon de femme, ce profil jeune d’un caractère ancien, très noble, très doux et pourtant très énergique. Les pots et les bijoux avec plus de net-teté spécifient les recherches et le sens dé-coratifs de Durio. Ces sortes de fruits évo-cateurs de figures humaines vaguement, ces visages désolés, furieux, hautains, ces mains fines, crispées… Autant qu’à Gauguin le céramiste s’apparente à Odilon Redon, le maître des formes élémentaires et significa-tivement monstrueuses. On reproche à Durio les emprunts qu’il fait pour ses décorations à la figure hu-maine. Une doctrine relativement récente et qui trouve des partisans très ardents en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, veut que le décorateur cherche et trouve tous ses motifs dans la nature végétale. Même la faune est proscrite, même les ailes de l’oiseau et les noeuds du reptile. Rien, que je sache, ne justifie ce parti pris, et contre lui on invo-querait trop aisément l’e-xemple de toute l’anti-quité, même de la vieille Égypte, qui nous a légué tant de boîtes de fard et de pommade, tant de cuillers de toilette, tant de bagues et de colliers décorés de figures animales ou humaines, de singes et d’éperviers, de joueuses de luth, de dan-seuses. — Mais chez Durio, et je conclurai par cette observation que je n’aurai pas la place de développer, le type humain est traité comme le point de rencontre et de réunion de toutes les beautés concevables. La plante et la bête originelles y conspirent au triomphe de l’être supérieur et, dans les lignes déformées, ou plutôt encore en for-mation, de l’Homme, on sent vivre ou se survivre les éléments en mouvement : c’est un sens quasiment neuf, sûrement très fécond du monstre décoratif. Et par là Durio peut opposer un légitime déni de réponse aux « végétariens de la décoration tt : dans la figure humaine c’est la figure de l’univers en éternelle création qu’il voit. — Comme si la figure animale et même la figure humaine n’étaient pas indiquées déjà par la plante ! Et comme si la figure de la plante ne per-sistait pas, par des analogies profondes et très sensibles, dans l’animal et jusque dans l’homme’ Comices Montcc,
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