,■J Dessin chercher au talent de M. Trenta-coste d’autres moyens de forma-tion, d’autres ferments que ceux qu’il pouvait trouver dans sou propre pays. C’est le bronze du Ciceajolo, ce type local du jeune chiffonnier, explorant la chaussée avec sa lanterne, qui marque le plus vivement chez notre sculpteur une préoccupation différente. L’oeuvre obtint tout de suite un très grand succès et se trouve aujourd’hui dans la Galerie d’Art Moderne de Venise. Les plis sobres de la veste et du pantalon, sous les-quels on sent le corps maigre mais bien découplé du jeune garçon, la tête, les pieds, les mains sont modelés avec une vigueur et une franchise tout à fait remarquables. Seule, la lan-terne balancée au bout d’une courroie, par la maigreur de l’accessoire qui se détache de la niasse, donne à cette figure quel-que chose du sujet de genre. Mais voici que l’inspiration s’élargit encore; et c’est précisé-. ment à propos de ce fier Semeur, qui s’avance lm, — et qui, au vinaient de la conception, s’était d’abord appelé Le Semeur d’idée, — c’est surtout encore à propos du Cain, qui vient ensuite, que l’on a prononcé le nom de Rodin. Mais si le Senteur peut faire songer, si l’on veut, à cette pé-riode de l’oeuvre de Rodin où il a été le plus classique, à LAge de bron;e, par exemple, ne se rapproche-t-il pas art moins tout autant de Roeoenuto, du Persée ou méme de la figurine de Mer-cure qui décore le piédestal? N’est-ce pas avant tout un de ces jeunes Florentins vigoureux et élancés, comme on en voit encore sur les places, harmonieux dans leur démarche, la téte belle et noble sous leur feutre? Quant au Cain, il est bots de mentionner d’abord qu’il est o8