L’ART DÉCORATIF FIX-MASSEAU ment et du caractère qui porte à l’exagération systé-matique des modelés, cette hâte à créer de nouvelles oeuvres, laissant tant d’oeu-vres incomplètes, cet entête-ment de demi-dieu qui ne veut pas obéir à la nature, qui l’attaque de front, avec une folle violence, pour lui arracher ses secrets. Il a, de plus, une grâce exquise. le sens des allongements, des pelotonnements volup-tueux. des lascives tensions, des formes souples et douil-lettes, des épidermes palpi-pitants, où perlent des sueurs tièdes, on flottent de charnels parfums. Il joint à la force d’un Buonarroti la tendresse d’un Clodion fiévreux et Ifidences enthousiaste. Il fait jaillir du marbre de fines fleurs sensuelles, comme la Naïade du- Musée du Luxembourg, des images de la plus fré-missante féminité, comme le buste de Ite., S., qui, dans ce salon même, contemple le Penseur avec des yeux graves et charmants ; il est l’auteur du Baiser, de l’Éternel Printemps, de même qu’il est celui des Bourgeois de Calais, du Victor Hugo, du Ballae, de la Porte de l’Enfer et de son énigma-tique songeur ; en un mot : -il est Rodin. Et, laissant de côté le Florentin Michel-Ange, je ne sais si, dans notre admirable lignée de sculpteurs, où l’on compte pourtant, avec quelques su-blimes imagiers gothiques, Claux Slater, Jean Goujon, Germain Pilon, Puget, Hou-don, Rude, Barye, Carpeaux —. Carpeaux qui sut animer le Groupe de la Danse et faire s’épanouir, parmi les roses, la douce nudité de Flore — je ne sais si l’on V ALLGREN 232 Tête de fennec Be FIND ART DOC
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