LA SCULPTURE AU SALON (SOCIÉTÉ NATIONALE) F. I, OQLT-.S QAND on entre au Salon de la Société Nationale, on parcourt, on interroge la rotonde, les vestibules, les deux jardins ver-doyants où se trouvent disséminés les statues et les bustes, avec la même hâte, la même curiosité impatiente que l’on faisait naguère Plaquette des salles de peinture, en quête de Puvis de Chavannes : it Rodin expose-t-il cette année? Où est Rodin? ti C’est que Rodin, à l’exemple du divin Puvis, représente toute une concep- • tion, toute une époque d’art et que Rodin seul tiendrait lieu de Salan, mais qu’il ne saurait y avait- de Salon sans Rodin. Aussi, l’ouvre du maitre une fois découverte, cantate on s’attarde de-vant elle, comme on se recueille, comme on ouvre largement son àme pour recevoir l’impression de beauté. Les autres artistes peuvent attendre. A tout à l’heure les représentations originales et fines, les notations dé-licates, les arabesques harmonieuses qui vont amuser notre esprit au passage, émouvoir un instant notre sensibilité, donner à notre rêve l’oc-casion d’un bref essor vers les pays chimériques ; à tout à l’heure les Aman-Jean et les La Touche, et les Blanche et les Lavery, et même les Sargent et les Besnard. Nous souhai-tons d’abord la création puissante et belle qui, nous rendra en son in-tégrité la ‘vie belle et puissante, qui nous fera concevoir l’éternel et nous fournira le meilleur critérium pour notre excursion à travers les autres œuvres où s’expriment tant de façons de sentir éphémères, tant de modes fugitives., tant d’artificiels caprices. Et nous. nous arrêtons, avides de pensée, devant le Penseur de Rodin. Assis, les pieds crispés contre la roche abrupte, le coude droit posé sur le genou gauche, rappelant, par cette attitude si particulière, le dm, loureux Ugolin de Carpeaux, le to’ E. BEETZ Meije et Tannetje 229 FEND ART DOC
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