L’ART DÉCORATIF HENRI BOETET tent plus désormais, et les moyens les plus simples et les mieux or-donnés sont à la portée de tous ceux qui, sachant dessiner, voudront demander au cuivre la traduction de leurs dessins. On eût étonné fort les maîtres dont nous parlions tout à l’heure si on leur eût dit que la table d’un salon pouvait, sans être encombrée de choses ne semblant pas à leur place et sans que les menus objets qui la garnissent soient écartés, recevoir ce qu’il fallait à l’exécution d’une gravure à l’eau-forte. Si la gravure peut se faire sur la table d’un salon, c’est que ce matériel est bien peu encombrant. Il suffit de repousser un peu le vase paré de fleurs, d’écarter le livre ou le bibelot précieux pour trouver la place d’un journal plié en deux où tiendront très suffisamment les quel-ques accessoires nécessaires. Donc, rien qui soit gênant ou Eaux-fortes désagréable à manier. Quelques menues précautions et c’est tout, pour se mouvoir au milieu du très léger bagage qui se compose de trois petits flacons, d’une planche de cuivre, de quelques outils —supposez trois ou quatre porte-plumes — d’une assiette et d’un verre d’eau… Il n’en faut pas davantage pour faire une eau-forte et pour avoir, le lendemain, sur cette même table du salon, cent programmes de la soirée qu’on don-nera dimanche. Et c’est un des plus grands attraits que nous connais-sions à l’art de la gravure que celui qui ne confine pas l’original dans la pièce unique, disparue de chez soi si on la donne, ne pénétrant pas ailleurs si on la gardb. Là, c’est la petite feuille qui s’envole, va où les amitiés la poussent, laissant où elle va un peu de nous-mêmes, accueillie en amie dans toutes les maisons où elle entre. La joie de produire n’est plus limitée à la page d’album, au petit tableau accroché dans la chambre, il s’échappe de la maison où il nait avec toutes les estampes qui le portent ailleurs. Et comme il 192 FEND ART DOC
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