PIERRE CHRISTOPHE sionne ces artistes. Ce qu’ils en tiraient, tout le monde le sait. Un art nouveau, impres-sionnant, est né. Les passions qui agitent l’homme sont belles et émouvantes, mais combien curieuses sont les allures de l’ani-mal, de cet être qui ne cannait pas la con-traime et dont tous les mouvements, souples et harmonieux, sont synonymes de beauté et de liberté ! Voilà cc que révèlent les bronzes de Mène, ceux Lie Barye, dont il y a main-tenant une si précieuse collection au Louvre, grâce au legs Thomy-Thiéry; les Tigres, de Delacroix, qui viennent, à la suite du don de M. Cottier, d’enrichir le mémo musée. Et c’est encore Frémiet dont l’art puissant, s’appliquant aux géants comme aux infini-ment petits, raconte les passions d’un gorille valent si sottement du mot ne se doutaient pas des multiples qualités qui étaient nécessaires aux artistes méprisés. L’homme pose, le pay-sage est fixe, la lu-mière demeure suffi-samment de temps et frappe assez la mé-moire pour que l’ar-tiste ait le loisir de donner illusion de l’heure, du moment, de la minute ; mais l’animal, cet être libre, fantasque, sournois, (LIise en gris Emile Man.) ou les souffrances d’une grenouille empalée; Auguste Lançon, qui a laissé de si admirables eaux-fortes et dessins d’après lions, ours, gazelles, et donné — à ce qu’on assure — le coup de pouce décisif à la maquette du Lion de Belfort; Saint-Marcel, dont les ceu-vers, un moment négligées, commen-cent à être justement recherchées. J’oublie Valton, Peter et quelques autres qui, eux aussi, ont su assurer à l’ani-mal une place importante dans l’art contemporain. Et cependant, l’épithète animalier» fut employée à l’égard de certains peintres et sculpteurs comme un qua-lificatif défavorable. Ceux qui se ser-1 5 5