MIROITERIE MODERNE LES artistes décorateurs, et avec eux tous ceux qui poursuivent la réalisation d’un idéal nouveau en matière d’habitation, re-prochent volontiers à l’industrie de ne pas seconder leur effort autant qu’elle parait en mesure de le faire, et même de n’accueillir leurs idées qu’avec une réserve extrême. Cette observation vise surtout l’industrie française, et nous l’avons nous-même for-mulée en quelques circonstances. L’indus-trie, c’est la grande, la puissante vulgarisa-trice ; l’artiste recherche naturellement son concours lorsqu’il s’agit d’élargir le champ de ses travaux, de créer un mouvement gé-néral en faveur de certaines théories qui ne valent, précisément, que par une affirmation étendue. Sans elle, toute tentative d’art ap-pliqué perd la majeure partie de sa portée sociale, se localise dans une classe ou dans un groupe déterminé, et se réduit à un fait peut -être intéres-sant, mais dont les conséquences et le retentissement se trouveront toujours étroitement limités. — Pour ces raisons, l’attention des in-dustriels est de plus en plus sollicitée par les artisans du logis et du meuble, par ceux qui songent à la réhabilitation du papier peint, des tentures, des tapis, de toute décoration mobile reproduc-tible par des pro-cédés mécaniques. Un meuble, un tapis exécutés à un seul exemplaire consti-tuent, comme par le passé, un sujet d’étude et d’effort passionnant, mais le même meuble et le même tapis dé-mocratisés par la machine, reproduits à des centaines d’exemplaires, c’est la propagande et c’est le progrès : on ne peut blâmer ceux dont l’esprit créa-teur souhaite et re-Cadre de ;lace cherche cette vul-14,
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