L’ART DÉCORATIF dans une certaine mesure? Certes non. Pré-voir ce que deviendra l’oeuvre peinte et la préparer en conséquence, savoir que l’on n’assistera pas tout de suite à la réalisation de ce que l’on a voulu, qu’on laisse de l’ouvrage au temps, cela rentre pour l’artiste dans la science de son métier. Car si le nouveau de la qualité des moyens qu’ils peuvent employer et de l’avenir de leur œuvre. Chez Louis Braquaval, il y a un rapport étroit entre la solidité de la matière et la consistance des sujets qu’il traite. On peut dire de lui qu’il est le peintre des vieilles temps peut ou détruire ou compléter l’ceuvre, il importe de savoir les matières colorantes à éviter, celles qu’il faut choisir, les procé-dés d’exécution à employer. L’apprentissage de presque tous les pein-tres anciens, aussi bien dans les écoles du Nord qu’en Italie, commençait par une étude des couleurs chimiques, de leur préparation, de leurs mélanges, de leurs effets. A cette étude nous devons attribuer les heureux ré-sultats de la majorité de la peinture ancienne; ce n’est pas trop de voir un certain nombre des artistes d’aujourd’hui se préoccuper de Saint-Valery pierres ou des terres fortes. Il ne recherche point d’impressions nuageuses, de silhouettes flottantes, d’estompements de lumières, ou de curiosités d’atmosphères, où la forme de-vient elle-méme vapeur. La notation de plein air est d’une absolue justesse, sans aucune sécheresse, avec des rapports de valeurs et de plans qui révèlent un oeil de peintre de premier ordre. Mais l’artiste choisit de pré-férence un climat qui lui est très familier, qui n’a ni la lumière vibrante du Midi où les contours se rongent, ni celle d’Italie ou d’Orient où la pureté de l’air donne à t22