«LES ARTS RÉUNIS» nage sont, à des titres différents, parmi les meilleures oeuvres qu’ait données l’artiste. M. W. Blair-Bruce est demeuré le peintre des grands ciels pâles dominant l’immensité des mers septentrionales, et il y a un désintéressement tout artistique de sa part, à s’enfermer le, plus souvent dans ce genre où la variété n’est qu’une variété de nuances, et où la composition n’inter-vient que pour expliquer la couleur. Aussi bien l’attrait de sort Paysage d’hiver et de ses Marines, s’il n’est pas discutable, exige vraiment de la contem-plation pour etre compris; et l’artifice de composition, lorsqu’il y oc-cupe par ha-sard une place plus impor-tante que d’ha-bitude, s’y ré-vèle trop du premier coup. Je préfère no-tamment au Crépuscule (qui a été très remarqué)cer-taine Nuit à Stockholm, qui est une petite toile originale, toute en colorations atté-nuées et en mouvements habilement indi-qués sous l’enveloppe du brouillard. Les paysages de M. Henri Jourdain ne sont pas plus peuplés que les marines de M. Blair-Bruce, mais il y entre cependant plus de vie, plus de sentiment. Peut-étre aussi les comprenons-nous mieux parce qu’ils sont plus près de nous et de notre âme? En tout cas, il est bien certain que la Vieille Porte, le Passage des Eaux, Après l’orage, sont des oeuvres d’une véritable puissance de péné-tration et d’émotion, sans aucune faiblesse sentimentale ou romantique. On sait déjà que M. Jourdain est un aquarelliste de tout premier ordre, et il n’y a plus rien à dire de son métier, heureux surtout dans les notes profondes, lorsqu’il ne -vise paâ à l’éclat. • M. Albert Lechat, qui, lui aussi, s’est classé en ces dernières années parmi les bons paysagistes de ce temps, acquiert une personnalité nouvelle dans des gouaches d’une couleur un peu dure, un peu heurtée, mais qui va bien à ces petites villes du P. MAILLAUD de Balfac. I idun Nord, oit le charbon noircit la brique des façades, trottées de portes blanches et de volets verts. Dans quelques peintures, du même artiste (Un Matin, les Terrains nus), on retrouve la même facture large et l’ori-ginalité de naguère, mais attiédie, et -je ne m’en plains pas, par de l’unité et -par du savoir-faire, d’où des ensembles plus harmonieux. M. Gustave Ravanne peint en pleine pâte, ce qui constitue, presque une origina-lité en ce temps où le- glacis triomphe ; il peint en pleine pâte avec habileté, mais aussi avec mesure, et il compose avec. sim-plicité des toiles qui seraient décoratives, si elles étaient plus grandes. J’aime beaucoup ses Barques de pêche eu rade et ses PiCOrëlLy 115