les machinistes et jusqu’au pompier de service. Et parfois il oppose la trivialité des personnages réels aux rôles qu’ils jouent, ainsi qu’il le fait quand il nous montre deux satyres dans leur loge. C’est cet envers du théâtre qui l’amuse, bien plus que le théâtre lui-même. En même temps il croque de son crayon habile toute une série de petites violonistes du Conserva-toire, et l’une, qui accorde son violon et que nous apercevons penchée de face, en jupe courte laissant voir les bas fins et les escarpins à noeuds bouffants, est d’une grâce charmante. Partout Renouard découvre de nouveaux sujets : il va au Louvre et en rapporte ses piquantes co-pistes ; on sent que son oeil péné-trant a souri de leurs ridicules légers, mais ce sourire est sans •4′ sécheresse, et il y a presque de la ten-dresse dans la façon de traduire cette Mme Angélique à lunettes, à grosses lèvres et cheveux qui tirebouchonnent. Il fait une étude pareille à la National Gallery pour les journaux anglais, et naturellement nous trouvons notées dans ces deux séries, à côté des expres-sions et des physionomies, les modes du pays et de l’époque, ces choses qui donneront aux moindres oeuvres de Re-nouard un si grand intérêt dans l’avenir. Très goûté du public d’Outre-Manche, Renouard a dessiné tous les types et tous les coins de Londres, highlanders, gardiens en costumes d’au-trefois avec la collerette et le petit chapeau plissé, musiciens de la garde avec les bonnets à poil, avec les trom-bones et les clarinettes, avocats à per-ruques, célébrités de la politique ou de l’art, Gladstone ou Millais. Il a rapporté des croquis de partout, d’Al-gérie, de Tunisie, de Monaco et de Rome, entre autres tel portrait du comte Alborghetti, camérier-secrétaire. Car parmi tous ces mendiants, in-valides, cuisiniers, gens de robe, bour-siers, orateurs, socialistes, figurants, 7 FIND ART DOC