PAUL s’évanouit, indique, d’un effleurement, l’arête d’un profil, le brillant d’une prunelle, la palpitation des cils, le fruit d’une bouche mi-close, si légèrement qu’on voit tout mais à peine. Et des stries mouvantes, aux tor-sions fuselées, esquissent le paysage des plis d’une robe —et tout l’en-semble est d’une maitrise frêle et indé-finissable. Ces dessins, qui ne les a aimés? Parfois la sanguine, et le blanc avec son doux éclat de perle, par-fois un soup-çon de bistre, les fardent avec un tact infail-lible. Ils sont apparus dans l’art moderne, ne ressem-blant à ceux de personne. Une grâcenou-velle leur est incluse. La situation de M. Hellen est singulière aussi. Chacun, parmi ceux qui aiment et com-prennent l’art véritable, l’es-time et le re-cherche. Il n’a jamais eu de grand succès : on ne le définit pas, on ne songe pas à le classer. Il est là, en marge de son art quoique inscrit au niveau des meilleurs, avec une discré-tion et un tact dans la célébrité comme dans son oeuvre même. Quelque chose le voile et le défend. C’est un producteur abondant, mais on ne voit pas trop ce qu’il produit : on l’entrevoit, juste assez pour lui garder la saveur de l’imprévu, et rehausser r HELLEU 3 de rareté la fréquence de ses travaux. Le peintre a laissé quelques chers souvenirs, la Cathédrale, qui est chez M. Jacques Blanche, avec quelques scènes de yachting et certaines figures de femmes d’une grâce infinie, le Bassin de Versailles, du Luxembourg, sym-Dessin phonie fauve et veloutée, les Grandes Eaux, dont l’audace impressionniste fit sensation à je ne sais plus quel Salon. On cannait moins, sinon dans un public restreint qui n’a rien à ignorer de M. Helleu, des séries de figures féminines claires; robes à rayures, flanelles blanches, ombrelles lumineuses, torsades auburn sous des canotiers, drisses aux guirlandes de flammes frémissant dans
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