LA SOIERIE LE BORGNE les plus célèbres, l’école de Lyon, Philippe de la Salle, et, sacrifiant au renouveau d’art, consacre à la stylisation des pages impor-tantes. Alors que les casernes ouvrières de la Croix-Rousse fourmillent encore de métiers à bras, où le canut berce du mélancolique tic-tac-pan des pé-dales et du battant tous ses jours, de la naissance à la mort, la grande région du Nord est semée d’im-menses usines, qui n’emploient que des métiers à vapeur puissants, infatigables, fournissant en un jour la besogne de vingt canuts. Ces métiers mécaniques fabriquent deux pièces de velours à la fois, en 130 de large. Ceux pour soieries font la double pièce en même largeur, et on y a adapté jusqu’à cinq et six mécaniques Jacquard ! Il s’ensuit forcément que Roubaix a éloigné les moindres détails d’art manuel. Tout demeure au tissage, les brochés sont supprimés. Et voici même un procédé nouveau de mise en carte à l’aide de la photogra-phie. Son auteur, M. J. Szchepanik, de Vienne, prétend en outre avoir trouvé la lecture et le perçage des cartons par l’électricité. Ce sont là des perfectionnements inouïs. Roubaix, pour ces motifs et pour d’autres à signaler sommaire-ment, a révolutionné le tissu d’ameublement , surtout depuis 1892. Elle y a introduit le nuance-ment de la matière qui, s’il dimi-nue le luxe et la richesse de l’étoffe, n’en apporte pas moins des effets remarquables. Toute la palette des tapisseries du Nord a maintenant recours au coton ; les effets de dégradés, qui s’obte-naient par les combinaisons de la trame et de l’armure, se font aujourd’hui par la chaîne ; c’est ce qu’on appelle le fardage. Le fardage, je le répète, permet l’application de trois, quatre, cinq mécaniques Jacquard sur un même métier. Il marque d’un trait saillant l’étape franchie depuis 1889. Complétons. Un grand produit de la soierie du Nord, appelé à porter un dernier coup, un coup terrible, à l’industrie de la Croix-Rousse, est le coton mercerisé, ou simili-soie, qu’on n’employait guère jus-
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