L’ART DÉCORATIF que la copie exacte de la nature, peut le leur donner, voire ces arabesques auxquelles depuis quelques années ils sont revenus et à qui ils s’efforcent de donner de la gran-notre naturalisme naissant un incomparable éducateur, l’Orient musulman, interrogé in-telligemment, ne pourrait-il nous enseigner ses secrets et nous transmettre la noblesse de ses rinceaux et la fantaisie éclatante de ses stylisations ? Il ne s’agit point, cela va sans dire, de copies serviles. Quelques-unes ont été essayées jadis, vers la fin du second Empire, quand on n’avait pas compris encore que l’imita-tion, quelle qu’elle fût, était toujours mauvaise conseillère et ne pouvait rien produire qui vaille; mais autre chose est de copier un art ou de se pénétrer de son esprit. L’étude de l’art de l’Is-lam nous parait pouvoir être féconde, et la dernière exposition devrait porter des fruits dans notre art contemporain. Ce goût de la stylisation et des ara-besques est très marqué, disions-nous, dans toutes les branches de l’art mu-sulman; mais c’est sans doute la céra-mique qui en donne les plus anciens modèles. Ces pièces archaïques, d’ail-leurs, sont connues depuis peu: jus-qu’à ces dernières années, seules ou à peu près, les pièces du XVIa et du XVII. siècle étaient parvenues en Eu-rope, et sous le nom générique, quoique très généralement inexact, de faïences persanes, elles avaient conquis la fa-veur des amateurs. Ces dernières années cependant, des fouilles ont été prati-quées de tous côtés, et bien que con-duites de la façon la moins scientifique par des indigènes occupés uniquement de lucre, elles ont donné des résultats surprenants et que l’exposition du Pa-villon de Marsan a mis en pleine lu-mière. Tout un art céramique inconnu, datant du X., siècle environ au XVo, a été remis à jour, tant dans le sous-sol de certaines villes détruites des bords de l’Euphrate, comme El-Rakka, qu’en Perse dans les ruines de Rhagès et des plus anciennes mosquées, à Damas aussi et surtout dans les immenses collines de décombres qui marquent au sud de la ville moderne l’emplacement du Vieux-Caire. Nous n’avons pas ici à rechercher les caractères dis-tinctifs de chacun de ces centres de produc-tion, caractères assez vagues d’ailleurs, car il semble qu’ils se sont copiés les uns les autres sans la moindre vergogne, et seuls les “ratés Velours de Scutari (XVII’.oi éclet Collection du Musice des Arts Décora , de r. Malheureusement, plusieurs semblent encore bien inexpérimentés en ces matières nouvelles, et si parfois les stylisations de l’art moderne sont ingénieuses et char-mantes, les arabesques, à notre goût du moins, demeurent singulièrement maigres, incertaines et petites. Si le Japon a été pour I44
Recent Comments