L’ART DÉCORATIF avec les formes de la décoration romaine. Quant à la Fontaine de la Jeunesse’ Ce dessein est apparent dans les encadre- oeuvre du sculpteur Apolloni, elle est d’une ments de portes classiques, à colonnes et délicieuse élégance. L’eau tombe clans une entablement, dans les tentures drapées et vasque de marbre lumineux, du haut d’une non tendues le long des murs, _dans le type coupe d’albâtre élevée sur un pilastre que G. CHIN/ des fauteuils dorés, qui rappellent ceux des tragédies et paraissent destinés à quelque Agrippine ou à quelque Cinna, — et jusque dans cette svelte fontaine tintant goutte à goutte, qui s’érige au milieu de la salle. Mais ce relent d’antique n’est pas pour déplaire, ainsi évoqué et rajeuni par les ar-tistes qui ont collaboré à cette décoration. M. Sartorio, aidé de MM. Carlandi, Coro-maldi, Innocenti, Nardi, Noci et Porno, a composé cette charmante frise d’enfants nus suspendant de lourds festons de guirlandes, peinte en camaïeu brun; et en camaïeu en-core, M. Pansa a traité dans une embrasure de fausse porte des figUres allégOriques d’un beau style. Un Couchant (Photographie Filippi, Veniae . surmonte une exquise figurine de bronze, un jeune garçon jouant de la flûte. Tout alentour, dans cette pinacothèque oit l’on songe aux amateurs raffinés de l’an-cienne Rome, notre regard accroche au pas-sage cette belle peinture, souple et grasse, de M. H. Coromaldi, Le Miroir et la Femme, ou ce Portrait féminin, peint sans effort et d’un charme et d’une jeunesse accomplis, qui est de M. Sartorio. Dans une petite salle attenante, M. Sartorio expose encore une série de puissants dessins, notamment des études de chevaux lancés, dirait-on, dans une course à l’abîme. Tels sont les beaux ensembles que la cinquième Exposition de Venise fait passer’ 38