L’ART DÉCORATIF très modeste. Nous y avons surtout noté un Portrait de Madame F. Florio, de M. Bol-dini, qui est un italien transfuge; mais l’oeuvre n’est peut-être pas des meilleures de l’artiste, avec un effet un peu trop cherché de la toilette noire séchement découpée sur transparent blanc, qui la fait se rapprocher un peu trop des gravures de mode. Deux beaux portraits de Besnard, souples, éclatants, d’une peinture pleine, — plus par-ticulièrement celui de Madame D., résument au mieux un de nos maîtres actuels. M. Jacques Blanche se retrouve avec le Réveil de cette fillette en robe soyeuse, s’étirant dans un fauteuil, qui nous a été montré à Paris; Eugène Carrière est tout à fait lui-même dans un Portrait de sa fille, où la belle qualité des chairs, les ombres mouvantes du visage, se révèlent avec une sensibilité extrême, quelque chose de fébrile qui fait l’accent profond de cette peinture qui voit très loin. M. Dagnan-Bouveret a envoyé son très ferme Portrait de Gérome,- qui n’est pourtant pas parmi ses plus significatifs, et M. Ca-rolus-Duran s’est fait représenter par un por-trait d’apparat, dans sa dernière manière, celui de Madame Feydeau et de ses enfants. C’est presque un de nos peintres français aussi que M. de la Gandara, dont nous retrouvons la Comtesse de Noailles, la Princesse de Cara-nzan-Chimay, — qui ne se reconnaîtrait plus elle-même, — et Madame Salvator. Un groupe de beaux portraits- de Len-bach réussit à donner une idée parfaite du talent de l’artiste : on trouve là son Richard Wagner, le Pape Léon XIII, le Roi Louis Pr, Bismarck, le Prince Régent de Bavière, avec cette habileté de facture, cette science de l’éclairage, prises chez les vieux maîtres. Plus spontané et d’une personnalité plus vive est sans doute le triple Portrait des Demoiselles Hunter, de Sargent, qui figurait tout récemment encore à notre dernier Salon; de même, les subtiles harmonies de Whistler et les portraits, si franchement traités, de Zorn. N’oublions pas une charmante fontaine, en marbre rouge et bronze, de M. Lorenzetti, où une figure de jeune faune, des têtes de béliers aux angles, mettent une note de rappel antique. Il faut bien le dire, ces salles nous don-nent le type exact, le modèle parfait de ce que devraient toujours être des salles d’exposition. (A’ suivre.) GUSTAVE SOULIER. DUCROT (Modèle de E. Basile) 120 Table à thé roulante FIND ART DOC