L’ART DÉCORATIF ROSALÊS l’Escrimeur et les parisien-nes de M. Moreau Vauthier, ont de l’intimité et de l’es-prit. Les sculptures d’un caractère architectural de-meurent rares, en raison de la médiocrité de nos architectures. Le fronton de M. Sicard , l’Étude, groupe toutefois de façon fort aimable des jeunes fil-les en costume moderne, lisant ou méditant, sur un fond de feuillage décoratif. La cheminée de M. Émile Derré constitue à elle seule un ensemble original et complet. Deux femmes nues, à la chair abondante et savoureuse, se dégageant d’une gaine rigide , croi-sant frileusement les bras, supportent le fronton que décorent un masque d’hi-ver neigeux et sourcilleux et une frise de vieilles femmes chargées de bois mort. Des motifs d’aiguilles et de pommes de pin , stylisés sans perdre leur accent de nature, accom-pagnent les cariatides, or-nent les surfaces de la hotte rustique. Voilà une oeuvre rationnelle et saine, pleine de cordialité et de grâce familiale, digne de l’auteur de la Fontaine d’a-mour, du Chapiteau des baisers et de ce balcon de Mil-ni-Pinson qui figurait au concours d’enseignes, qui reparaît ici, avec son charme si gentiment rococo, tendre et désuet comme une chanson de Marger. Mais bien peu s’ap-pliquent ainsi à mettre dans leurs oeuvres de la pensée et du rêve; bien peu même sentent vrai-Saint Bernard prêchant la croisade ment la beauté plastique, la forme humaine en mouve-lines de MM. Silva Gouveia et Thcunissen, ment ou au repos. ALBERT THOMAS. 40
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