FIND ART DOCi L’ART DÉCORATIF ALPHÉE DUBOIS MÉDAILLE DES LAURÉATS DU CONSERVATOIRE r, Rome, que d’agréments va procurer leur compagnie ! Voici, par exemple, M. Alphée Dubois. Soit hasard, soit sympa,thies, M. Alphée Dubois a été appelé à graver les effigies des savants dont les travaux sont les plus abstraits : chi-mistes ou mathématiciens. Et non seulement il a été heureux dans sa façon d’interpréter les physionomies des Wurtz, des Leverrier, des Janssen, des J. B. Dumas, etc…, mais encore il a symbolisé leurs recherches avec un rare bon-heur. Le Passage de Vénus devant le Soleil, la Découverte des Petites Planètes et des Protubé-rances solaires ont été pour lui l’occasion de compositions ingénieuses et d’un grand effet décoratif. On aimerait à voir notamment l’allé-gorie des Protubérances solaires figurer, sous forme de bas-relief, sur la façade de quelque Observatoire moderne. M. Lagrange est l’auteur de nombre de médailles de récompense d’une heureuse sim-plicité. En raison même de leur destination elles sont très répandues. Qui n’a eu occasion de voir le Semeur ou le jeune dessinateur peinant devant un buste d’Apollon? Certes la technique de M. Lagrange, qui est, lui aussi, un ancien, diffère de la manière large et libre de ses confrères plus jeunes; mais n’est-il pas intéres-sant de voir le vieil artiste suivre le mouvement et, en ces dernières années, montrer dans une médaille représentant un Mineur une juvénilité, une souplesse qui témoignent que son esprit alerte a suivi avec intérêt les recherches de la nouvelle école? 34 On sait quel rôle joue aujourd’hui la ma-chine à réduire. Grâce à elle le médailleur n’est plus contraint de graver dans l’acier le coin de sa médaille. Fidèlement la machine reproduit avec ses proportions définitives le modèle que l’artiste a pu exécuter dans un format autre et dans une matière plus souple que l’acier. Si la production des médailleurs contemporains est si considérable, c’est un peu à la machine-qu’on le doit, puisqu’elle épargne le temps de l’artiste en accomplissant une besogne maté-rielle qui demandait autrefois plusieurs semaines de travail. J. J. Barre, le chef d’une dynastie de gra-veurs qui, pendant plus d’un demi-siècle, rem-plirent la charge de graveurs généraux des monnaies, nous a laissé un curieux témoignage à ce sujet. C’est la médaille du Sacre de Charles X, sur laquelle il a tenu à mettre : BARRE Ft XV DIES. (gravé par Barre en quinze jours.) Pour arriver à ce résultat il avait dû tra-vailler constamment et se faire remplacer durant les heures des repas ou de repos par son élève Dantzell. Aussi sied-il de rappeler que nous avons aujourd’hui des médailleurs, mais non, comme autrefois des graveurs en médaille. Cependant, M. Tasset, comme M. Lagrange, dont nous avons parlé plus haut, appartient encore à ces derniers. Formé à l’école du grand travailleur que fut Oudiné, il possède une habileté technique de premier ordre. Aussi les médailles qu’il a exécutées pour la Société d’Encouragement à ALPHÉE DUBOIS MÉDAILLE DU 3rno CENTENAIRE DE LA DÉCOUVERTE DU CAP HORN