keeïfi. ». »‘37-1Gt1.; Ce’ 4/OPI de l’cbre décor4>tier` PARIS M. Lachenal, dont la production annuelle vient d’être exposée à la galerie Georges Petit, est sans contredit un habile céramiste. Ca valeur artistique dé son œuvre est-elle à la hauteur de son savon– faire ? Cela n’est pas certain ; ou du moins, si l’on établit le décompte du bon et du contestable, sui-vant la recette de Franklin, on reste embarrassé de conclure, tant les deux colonnes se font parfai-tement équilibre. Cette sculpture d’animaux, par exemple, ces coqs, ces canards, ces marabouts… toute cette or-nithologie sur laquelle les reflets glaciaux de l’émail rendent des couleurs criardes encore plus offen-santes, est-elle vraiment dans l’esprit de la céra-mique ? lit ces tableautins sur faïence, ces portraits, ces fleurs d’après nature, ces paysages, ces e pe-tits sujets a, M. Lachanal fait-il de son talent un emploi qu’on doive encourager en le mettant au service de ce genre ? De ce que Lueca della Robia et deux ou trois autres ont fait des chers-d’ œuvre en peignant sur faïence comme ils eussent fait sur toile, il ne s’ensuit pas qu’il soit bien de vouloir les ‘miter. I, peinture est la peinture, et la poterie la poterie. Quand les moyens d’exécution les plus dé-licats, même aux mains du génie, ne parviennent ir faire vivre la nature dans ]’œuvre de l’artiste au prix de tant de peine, à quoi bon tenter de la faire sortir des instruments plus grossiers ? Le champ de la fantaisie, avec les mille ressources des trans-formations, des stylisations et des lignes, est assez vaste pour que les procédés où l’artiste doit comp-ter avec les obstacles de la matière et de l’outil, comme la céramique, la mosaïque, la tapisserie, n’en franchissent point les bornes. En le faisant, M. Lachenal ne réussit qu’à cotoyer de prés cet e art d’agrément c, triomphe des demoiselles bien sages. Il pourrait mieux. Ce qui manque à ]’œuvre de M. Lachenal, c’est la personnalité, peut-être la conviction. L’impres-sion qu’elle laisse est que la devise de l’auteur est qu’il en faut pour tous les gains ; du moins, il est difficile d’expliquer autrement que cloué, d’une en-viable facilité, dessinateur élégant, coloriste non sans finesse, céramiste hors ligne, M. Lachenal se dépense en des genres inférieurs, abandonnés par tous les. artistes d’aujourd’huf. Bien que M. Lachenal soit avant tout faïencier, es grès flammés, qu’il a abordés il y a quelques années pour suivre le courant, tiennent une très large place dans son exposition, et peut-étre la meilleure. Ici encore, la note personnelle fait défaut. Les émaux et les formes ne nous apprennent rien de nouveau, il n’apparaît de traces de recher-ches que dans quelques rares pièces. Mais du moins, l’ensemble est d’un goùt irréprochable, et si le céramiste semble se soucier peu de trouvailles, il traite celles des autres avec adresse et tact. M. Lachenal parait avoir abando’nné les essais de pièces à reflets métalliques, genre Clément Mas-sier, dont ses dernières expositions offraient de, échantillons, si notre mémoire est fidèle. En revan-che, il présente cette année des verres décorés la manière de MM. Gallé et Daum. Comme les grès, cela se tient dans une bonne moyenne, sans la moindre tache, mais sans rien de saillant. Où nous applaudissons M.Lachenal sans réserve, c’est dans ses tentatives persévérantes pour modi-fier l’éclat de l’émail des faïences. Non que les ré-sultats soient tout à fait satisfaisants, jusqu’ici. Excepté dans quelques pièces exceptionnelles (no-tamment d’excellentes reproductions de Fix Mas-seau, qui montrent un bel éclat cereux’, le céramiste a procédé par dépolissage de — nous le supposons du moins, — et l’écueil n’est évité que pour tomber dans un autre ; les surfaces ont un aspect crayeux auquel l’oeil prend peu de plaisir. Mais les efforts de M. Lachenal à poursuivre cette réforme sont, pensons-nous, destines à deve-nir fructueux pour l’art industriel et la décoration intérieure. Rien n’est plus offensant, plus glacial, plus vulgaire que l’éclat excessif des faïences dé-corées.Pourtant,sans ce malheureux éclat,la faïence, gaie, pimpante, docile à la fantaisie du décorateur, prête à toutes les finesses de couleur et de dessin qu’on peut lui demander, serait d’une ressonrce immense. L’adoucissement de son éclot est donc un des problèmes les plus urgents àrésoudre par la céramique moderne, et M. Lachenal, en s’y ap-pliquant, a droit à l’approbation. Il est probable qu’on verra quelque jour sortir des mains de M. Lachenal des œuvres plus dignes de ses qualités que celles qu’il expose aujourd’hui. Puisqu’il est de ceux qui cherchent d’où le vent souffle pour se tracer leur voie, il ne peut être longtemps à reconnaître que l’avenir n’est pas à celle qu’il suit encore, et qu’on attend aujourd’hui d’un artiste autre chose que ce dont on se conten-tait il y a quinze ans. J. M. Falguière a fait au foyer du Nouveau-Cirque une exposition des maquettes de ses œuvrés. Faut-il dire qu’une telle exposition, très intéressante pour les artistes, l’est infiniment moins pour ceux qui ne le sont pas, c’est-à-dire pour presque tout le monde ? Puis, le publie. est aujourd’hui tellement assailli de choses d’art, que s’il lui fallait en outre s’initier a la genèse des œuvres, il ne resterait plus à chacun le temps de faire ses affaires et de prendre ses re-pas. Les œuvres dont les maquettes figurent à l’ex-position sont pour la plupart bien connues. L’at-tention va surtout aux œuvres nouvelles, les monu-ments de Balzac et de Daudet. La maquette du premier fait pressentir que le Balzac de M. Rodin n’a pas été sans influencer M. Falguière. On le se-rait à moins. 153