L’ART DÉCORATIF propres biens, et beaucoup. La grande différence entre les mobiliers rustiques de chaque province est à elle seule très-significative ; elle est in-finiment plus marquée que dans les villes. Il y a déjà longtemps que deux artistes de mes amis et moi étudions ce sujet; mais ce n’est que d’hier que nous avons traduit nos études en des oeuvres; trois pièces viennent d’être exécutées d’après nos idées, dans les genres frison, fierlandais et du pays de Ditmarschen. Chez le paysan, la construction est toujours bonne, solide et durable. Bonne aussi la dé-coration, toujours originale dans son ordonnance-ment, quoique grossière. Enfin, la couleur et le vigoureux naturalisme, franc et naïf, sont autant de bons éléments. Ce que l’art des campagnes a de plus précieux, c’est qu’il nous présente des formes originales, presque exemptes de toute influence étrangère». Ce sont là certainement des efforts intéressants, qui peuvent avoir leur part dans les tendances de l’art moderne. Cependant, ils ne sont pas non plus sans danger, s’ils ne sont guidés par un sens très-sûr des aspirations et des besoins modernes. Dans .les mains de médiocres, ces études ne seraient plus que des matériaux pour la fabrication du bric-à-brac de brasseries. Le plaisir pris à l’étude du vieux dégénère trop souvent en simplisme archaïque; puis, l’excellente construction des meubles des campagnes ne peut s’adapter à d’autres buts sans autre forma-lité, et les modèles, si bons qu’ils soient, paralysent facilement l’imagination de l’artiste qui veut trop s’y attacher. C’est avant tout dans la fantaisie personnelle guidée par la raison que l’artiste moderne doit chercher ses inspirations. Nous reproduisons p. 92 et 93 deux des projets de M. Schwindrazheim. L’ameublement à la manière des paysans de Schwalm est beaucoup moins modernisé; il est néanmoins le plus intéressant des trois. K. S. UNE EXPOSITION D’ART’ DÉCORATIF ANCIEN. Les beaux vases florentins reproduits p. go et 9 sont de simples vases d’apothicaire des premiers temps de la renaissance italienne. Ils figuraient à l’exposition d’objets d’art du moyen-âge et de la renaissance faisant partie de collections privées, organisée en juin dernier par la «Société d’histoire de l’art» de Berlin. Cette exposition a révélé de véritables trésors : des meubles du commencement de la renaissance, d’une pureté de formes déjà disparue au temps où furent faits ceux que nos ébénistes d’aujourd’hui s’acharnent à copier, de très-beaux gobelins, des coupes du 13m< t4m<, 15m. et 16m. siècles telles qu'on n'en verra probablement plus une pareille réunion, etc. Les vases florentins que nous reproduisons sont de tons vifs jaunes, bleus et verts ; l'in-fluence byzantine se reconnaît encore dans leur décor. Ils font partie de la collection privée de M. Bode, directeur du Musée de Berlin, aux conseils de qui la plupart des collectionneurs représentés à l'exposition doivent bon nombre de leurs meilleures acquisitions. A la même exposition se trouvaient quatre vitraux de Hans Baldung Grien, élève de Durer, qui peuvent compter sans contredit parmi les plus belles productions de la seconde moitié du seizième siècle, la plus belle époque de l'art allemand. Nous en reproduisons deux. Ces vitraux qui faisaient partie de la collection du comte Douglas, ont été acquis par le Musée de Berlin depuis l'exposition. Nous dérogeons un peu à notre programme en donnant dans nos pages une place à ces objets anciens. Si nous le faisons — et con-tinuerons de le faire à l'occaison dans la suite —c'est que les oeuvres anciennes restées inconnues sont quelquefois celles que l'art moderne peut trouver le plus d'interêt à connaître. Les vignettes sans légendes intercalées entre les gravures sont des interprétations de motifs mexicains, dessinés par M. J. Burn de Londres, pour illustrer un livre de M. le comte Kessler sur le Mexique. „ ^ r›. 4"•• ./..:Ne.S:svrà■ r-NoN IN. eNoN 13• FIND ART DOC
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