CLÉMENTINE-HELENE DUFAU Comme j’attendais, paupieres fermées, te baiser du bel Automne, je sentis seulement qu’il se penchait pour poser sur mes mains ouvertes ses lèvres brülantes, sanglantes et vivantes comme le soleil des lies heureuses. MxucL,re. L’APT de cette époque demeure admirable en sa compréhension de la vie. Tous ils nous la firent aimer : la gravité de Puvis de Chavannes s’unit à la joie de Besnard, la violence contenue de Rodin se relie à la laborieuse inquiétude de Constantin Meu-nier, la mélancolie de Bartholomé ou de Ménard s’amplifie d’une telle dignité qu’on ne peut laisser d’aimer la vie qui là encore se témoigne. Cependant la femme aura eu peu de part à la conduite de ce mouvement. Adon-née à l’art, son âme traditionnaliste se laisse étreindre des faibles soucis immédiats et n’ose point s’échapper d’elle-même. La gran-deur du geste de fraternel encouragement passa au-dessus d’elle : elle ne tenta pas de joindre sa main aux mains déjà tendues, et sans comprendre la charité plus grande du geste qui crée, elle ne sut traduire d’ordi-naire que la moindre vie de ses propres sentiments ou de ses propres préoccupa-tions. Trop rares quelques-unes s’affirmèrent contraires; l’une d’elles, à qui cette étude est consacrée, accroît encore le regret de leur petit nombre et la puissance de son oeuvre témoigne quelle force d’autres peut-être eussent apportée à la doctrine de la vie, si elles eussent voulu délaisser le souci de leur propre faiblesse pour tenter de tra-duire au travers d’elles l’universelle gran-deur de vivre. Une oeuvre dont le développement se poursuit encore sous nos yeux ne saurait justifier par sa seule abondance le soin que l’on prend de la définir si elle ne présentait en son inachèvement même l’impression d’un caractère si personnel que l’on en peut parler presque comme d’une oeuvre déjà lointaine et définitivement arrêtée, et quelques considérables espérances que nous fondions sur ses expressions futures, cette oeuvre semble maintenant être parvenue en un point assez haut pour qu’il soit conve-nable de s’y arrêter quelques instants et d’en considérer la logique et volontaire con-duite avec l’émotion où se mêle, au sou-venir des joies éprouvées jusque-là, le désir des joies à venir encore inconcevables, mais certaines. Ceux qui n’eurent point, dès 1895, alors que Mile Dufau exposait son premier tableau Les Ricochets, l’impression délicieuse pour des passionnés d’art de se trouver en face d’un talent assuré dont l’épanouissement de-meure une certitude, ceux-là en respireront encore comme le parfum en considérant quel fut le chemin de grâce et de beauté volontaires par où s’en vint cette jeune femme vers les admirables compositions d’à présent. Ce fut une affirmation soudaine et forte. En un cadre volontairement restreint, pres-que sans horizon, dans l’ambiance. bni-201 Illustration polir «Basile et Sophia■, de l’au( .1,1,m
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