L’ART DÉCORATIF comme ils disent d’habitude, mais dont la forme, aussi bien que la décoration, me dé-concertent. Par la structure et par les fer-rures, c’est un meuble de Serrurier, niais pas du Serrurier des bons jours; M. Rapin l’a aggravé de panneaux en cuir et de pan-neaux peints qui achèvent d’en faire un monument d’art appliqué plutôt qu’un meuble. L’apparition de ce buffet est un épisode à retenir pour ceux qui écriront la décevante histoire du mobilier contemporain. M. Georges Nowak expose une salle à manger d’une distinction un peu frêle, mais qu’il faut louer pour sa simplicité de bon ton, de même que les mobiliers voisins de M. Paul Croix-Marie (chambre et salle à manger), agréables eux aussi, mais accom-pagnés d’une décoration murale trop illus-trée, trop vue. On me reprochera peut-être d’avoir laissé percer, dans cette revue rapide, une certaine préférence pour les essais les moins hardis, pour les tentatives bien calmes dont les auteurs, pour ne se point tromper, se sont gardés de rien renouveler. Préfé-rence est un mot trop fort. J’avoue pour-tant que les meubles les plus sages sont ceux qui me paraissent les plus louables en cette période de transition où le nouveau, pour s’affirmer, revêt si volontiers des formes excessives. Il y a bien des ressources aux-quelles les artistes semblent ne pas songer ; il y a les beaux bois simples et solides qu’on menuiserait en silhouettes larges, bien équilibrées; il y a les belles étoffes grossières, la toile, le drap, qu’on n’emploie pas assez dans l’ameublement. Rien que l’emploi de matériaux courants, bien choi-sis, ingénieusement adaptés, suffirait à don-ner aux nouveaux meubles un caractère qui leur manque. É NI I I, Sonvvs. CROIX-MARIE z64 Salle à manger (Artistes Français);