FIND ART DOCi L’ART DÉCORATIF Femmes de France, ou l’amie qui songe dans l’intimité des soirs d’hiver, un livre à la main… Quelle insensible évolution depuis les frontis-pices romantiques d’un Célestin Nanteuil ! Et c’est ici qu’il conviendrait d’insister sur le litho-graphe, interprète de l’âme féminine en son décor populaire et faubourien, dans le milieu natal qu’elle ne saurait oublier sans ingratitude. Quel plus curieux exemple imprévu du lo-gique enchaînement des choses que ces renais-sances parallèles de la chanson tendre et de la lithographie originale qui la traduit aux yeux? En plein renouveau, l’éditeur Énoch a bien mérité deux fois des amoureux d’art en orien-tant l’audacieux Steinlen dans cette voie fé-conde de l’estampe librement crayonnée par un artiste. Plus de gillotages, toujours décevants; mais le travail même du dessinateur sur la pierre. Le catalogue de 1894 relevait déjà plu-sieurs essais de ce genre, quelques épreuves lithographiques de couvertures de chansons et six couvertures de musique (lithographies colo-riées au patron) pour la Semaine artistique et musicale de J. Cardane (1887-88); mais Steinlen lithographe datera des Chansons de Delmet. Consciencieux, vraiment artiste, il ne craint pas de recommencer jusqu’à cinq fois Aubade pour Elle; mais, du premier coup, son instinct découvre l’atmosphère et le secret de l’ombre, ces réserves et cette enveloppe de lumière qui nimbe un chignon laiteux. Tu m’apparus… contraste avec les noirs profonds de la Ballade du désespéré, dans sa mansarde. Plus tard, enfin, Quand nous serons vieux, comme dit le poète de la Butte, quand on rêvera des amours perdues auprès des chats familiers, quel âcre plaisir de retrouver, au double point de vue du sentiment personnel et de la décoration du livre, ce tra-ducteur indépendant, vigoureux ! RAYMOND BOUYER. STEINLEN (Énoch & Ci* éd.) BALLADE DU DÉSESPÉRÉ 8 LES NOUVEAUX BIJOUX DE GEORGES FOUQUET MAlbert Thomas a consacré, • l’année dernière, aux oeuvres de M. Georges Fouquet quelques colonnes de joaillerie littéraire qu’on retrouvera sans doute avec plaisir dans l’ Art Décoratif d’octobre 190o. Je ne saurais trop engager le lec-teur à s’y reporter au moment de prendre connaissance des pages qui suivent ; d’abord, parce que l’élégant lyrisme de mon confrère pourra suppléer à la sécheresse des miens propos, ensuite parce que les reproductions de cette année, mises en regard de celles de l’an passé, montreront avec clarté l’évo-lution naturelle d’un artiste à l’esprit ingénieux, épris de fantaisie et d’originalité, mais épris aussi de logique et d’harmonie. M. Georges Fouquet occupe une place brillante dans la pléiade des artisans modernes. Je le con-state en commençant, et je tâcherai de l’expliquer tout à l’heure. Mais
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