LA SOIERIE La Bruyère a dit qu’il y avait autant de ridicule à fuir la mode qu’à l’affecter, et c’est bien dans le costume des femmes que le choix de l’étoffe et des ornements justifie cette affirmation. Si le dessin doit être com-posé en vue du mouvement de l’étoffe et de son emploi, il est bien évident que la soierie priment les idées régnantes et toute la phi-losophie du moment. Le style en est subor-donné aux suffrages de la multitude, le vêtement appartient à l’art d’une nation. Il faut donc que la soierie y joue son rôle avec science, et que de son emploi dans la parure des personnes surgissent de nouvelles beautés. LE BORGNE pour couvrir des épaules ne doit pas être la même que pour un piano. s Chaque ornement a sa physionomie, expliquait M. Victor Champier dans une conférence sur les dentelles et les broderies, au Comité des Dames de l’Union Centrale des Arts Décoratifs; il faut que l’étoffe con-tienne des ornements expressifs ayant sur le costume un rôle esthétique.» Le costume est l’album vivant d’une époque. Les dessins, inspirés des Grecs ou Latins, de la nature ou l’imagination, ex-Les manières de provoquer les ;2,races du corps humain sont dans la symétrie, le mouvement ou le contraste, qu’ils se mani-festent par les lignes ou les couleurs. Consi-dérez le teint, le poil, le regard, la sveltesse et l’embonpoint, associés au geste, à la dé-marche, au tempérament, et ne faites donner à la matière rien d’excessif ou de violent qui fatiguerait Les complémentaires ont une influence énorme. De quelle valeur ne sera pas l’accessoire complet d’un dessin enveloppant un corps vivant ? t77 FIND ART DOC