FIND ART DOCK L’ART DÉCORATIF consacrées à l’Exposition internationale des Beaux-Arts. Parmi les peintres italiens qui figurent dans le. Salon Central (salle G), nous trou-vons M. F. Castegnaro, avec un portrait, « Ma Femme », exécuté d’une manière très allègre, avec beaucoup de vie et de mouvement. La facture est franche et aisée, très sobre d’effets, s’attachant surtout à la silhouette générale, pour rendre l’allure caractéristique du modèle. C’est là un des très intéressants portraits de l’Exposition ; nous aurons à nous arrêter plus loin devant quelques autres. Nous pouvons signaler encore La Sphy-nge, d’un jeune peintre florentin, M. Galileo Chini, que nous retrouverons plus complètement dans la salle toscane, de même qu’un autre jeune artiste qui promet beaucoup, M. Nomellini, représenté dans le Salon Central par une oeuvre moins significative, Le Chant du Rossignol. La part de •l’École française dans cette salle est importante. M. Charles Cottet y montre un Office du soir en Bretagne, des femmes encapuchonnées de leurs grandes mantes noires qui se rendent à l’église, dans un petit village tassé au bord de la mer. Une variante de ce tableau avait eu grand succès au Salon de l’an dernier, et nous l’avons alors reproduit. On y retrouve les qualités d’émotion concentrée, de peinture solide, qui sont habituelles au peintre. De M. Henri Martin, on a placé ici une Buco-lique, dans ce sentiment intime de la cam-pagne que l’auteur a de mieux en mieux pénétré et rendu au cours de ces dernières oeuvres, jusqu’à la magnifique glorification de nature et de travail rural du Salon de cette année. Nous distinguons de M. La Touche deux puissantes évocations, Le Souper, dans la lumière mousseuse des soirées mondaines, — et La Mort du Faune. Le généreux colo-riste qu’il est s’y complaît à ces harmonies à la fois chaudes et fondantes, à ces caresses de rayons d’or,’ à ces éclats de soleil dé-clinant, à toute cette féerie d’atmosphères nébuleuses et papillotantes, qui font de lui l’un des artistes les mieux désignés pour nous donner d’amples peintures de décor et de fête, et reprendre de nos jours la fonction d’un Véronèse ou d’un Tiepolo. Notons aussi de M. Raffaélli ce portrait de Demoiselle d’honneur que nous con-naissons, vu dans un coin d’église, dont on devine la parure de fleurs, tandis qu’au fond s’esquisse le défilé habituel des invités : on se rappelle cette vision de clair sur clair, d’une extrême habileté, un des plus caracté-ristiques morceaux de Raffaëlli portraitiste. Un tableau de M. Eugène Vail, La Veuve, achève dans cette salle la contribution fran-çaise. Nous pouvons y relever encore une Laitière de Dordrecht, par M. H. von Bartels, très pittoresquement vue dans sa barque ; et un tableau allégorique de M. Byam Shaw, Diverses sont les voies que suivent les hommes, peint dans cette manière appliquée et minu-tieuse à laquelle Burne Jones et William Morris nous ont habitués. Le défaut de cette peinture, c’est de rester toujours artificielle et alambiquée. Le symbole y prend trop de place, les commentaires y sont trop indis-pensables, et nous n’apercevons point chez ces personnages de convention le reflet de la vie réelle, pas même une réalité historique, mais une sorte d’existence fictive, abstraite et philosophique. Ce ne sont que de pures entités auxquelles nous ne nous intéressons pas : seule l’arabesque décorative peut nous captiver ici, dans une oeuvre qui a beaucoup plus de prétention. Mais voyez donc comme dans la Primavera ou la Naissance de Vénus, de Botticelli, le sujet est plus intelligible, comme chaque personnage nous révèle mieux ce qu’il est. L’allégorie restait ainsi plus près des ébats humains. La sculpture exposée dans le Salon Central met surtout en évidence trois artistes belges, d’un talent nerveux, d’une expression forte et profonde : M. Brœcke avec une figure en plâtre, Sans Travail ; M. Charlier avec un groupe de femmes, Douleur maternelle, où la jeune mère chancelle entre celles qui veulent la soutenir ; M. Victor Rousseau avec une tête étrange et pensive de Demether. Dans la seconde des salles interna-tionales, la salle D, nous distinguons un tableau de M. Balestrieri, La Liseuse ; une autre toile plus importante nous ramènera plus loin au même auteur. On se souvient du grand tableau de M. Balestrieri, intitulé Beethoven, qui devint immédiatement célèbre à notre Exposition de 1900, dans la section italienne du Grand Palais. Le même tableau a d’ailleurs figuré, en 1901, à la précédente Exposition internationale de Venise. C’est le 92
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