L’ART DÉCORATIF tombantes dont elles tâchent de voiler leur corps, piétinent lamentablement. Elles sont accablées par la honte, tiennent leurs seins trop complaisants au désir des hommes, mordent machinalement un coin de leur robe déchirée. Elles demeurent ainsi, irré-des jambes jointes, l’inclinaison dolente des profils. Évidemment, ce groupe manque de coquetterie. Il n’a pas la netteté des statues de M. Puech et leur impeccable élégance, Il est méme patiné assez maladroitement, en tons lourds et presque sales. Mais il an-nonce un artiste intelligent et cu-rieux, admirateur de Rodin — car l’agencement des Pécheresses rap-pelle un peu celui des Bourgeois de Calais — nourri de l’étude des sculpteurs gothiques, capable de traduire fortement les plus origi-nales pensées. M!!’ Camille Clau-del expose un groupe en bronze, l’Age mûr, que la vieillesse en-traîne, cependant qu’à genoux der-rière lui, la tendre et candide jeu-nesse lui tend les mains. L’oeuvre est remarquable, en dépit de la dispersion des personnages et du déchiquetage peu sculptural des draperies. Elle révèle une tournure d’esprit analogue à celle de M. Yrurtia, la méme pitié noblement philosophique et les mêmes re-cherches de forme. M » Claudel répudie, elle aussi, la facture molle et ratissée des praticiens officiels ; elle marque d’un pouce nerveux le renflement des muscles, les délicatesses des attaches, les mille nuances de l’épiderme. L’Homme et la Misère humaine de M. Ségoffin nous offre encore un symbole, un peu confus sans doute, que n’éclaircit pas l’épi-graphe: s Va, mon fils, forge, crie mes douleurs. Si tu succombes, c’est en faisant ton devoir; si tu vis, souviens-toi !» Toutefois la Misère accroupie sur l’enclume se tord les bras et s’arrache les che-veux d’un geste suffisamment dra-matique, et l’homme qui vient de r055E r lihRASThGUI solues, dans l’attente é châtiment fa-rouche. Et le sculpteur a rendu avec un sincère réalisme la lassitude de leur gorge, de leur nuque, de leur ventre aux plis pro-fonds. Il a exprimé leur confusion et leur angoisse de la façon la plus pathétique, par le haussement des épaules, le fléchissement Pourquoi ? 36 lier le marteau à son poing par une lanière solide, la main gauche sur le coeur, se recueille assez solennellement avant d’entrer dans la lutte. Cette scène pro-cède d’un académisme vivifié par l’influence d’Auguste Rodin. M. Becquet, élève de Rude, continue la tradition de ce maître. Il a taillé pour Besançon, sa ville natale, une statue de Victor Hugo, drapée à l’antique,