L’ART DÉCORATIF reuses adaptations de belles et bonnes ma-tières. Parmi les « indépendants », dont je par-lais tout à l’heure, il faut citer à la Société Nationale, M. Carabin et l’éminent verrier lorrain, Émile Gallé, dont la perte récente ici, l’oeuvre nettement séparée de toute évolution rétrograde ou progressive est trop personnelle, trop spéciale, pour nous inté-resser en ses conséquences, méme si elle peut en avoir, ce qui paraît douteux. Je suis moins rassuré en ce qui concerne GOUMAIN a été si vivement ressentie par l’École de Nancy. De M. Rupert Carabin, rien à dire de nouveau cette année : il n’expose qu’une petite bibliothèque vitrine », manifestation atténuée, et comme apaisée, de sa ma-nière habituelle. — Ne nous demandons pas où peuvent aller s’harmoniser ces meubles trop lourds, trop écrasés sous leurs sculp-tures, en quelle salle de château féodal ils vont trouver leur cadre et leurs pareils : Mobilier de salle à manger (détails) (Société Nationale) Émile Gallé, qui a formé des disciples et enrichi des imitateurs. Le maitre nancéen, qui, non content de poétiser la matière de ses oeuvres, a su tant de fois la renouveler et la créer pour notre étonnement et pour le plaisir de nos yeux, ne s’est jamais révélé comme un architecte. Toute sa production est caractérisée par une liberté de lignes et de formes, par une indiscipline ornemen-tale que quelques-uns appellent un « senti-ment de la nature » : ce que nous avons 258