L’ART DÉCORATIF ment personnel, que nous sommes tentés de reprocher aux meubles contemporains, ré-pond-il vraiment à une aspiration du pu-blic ? La tendance personnaliste que nous voyons se manifester dans le costume semble bien l’indiquer. Une forme de chapeau, une coupe de manteau ne paraissent acceptables maintenant d’instruire et de former le goût du peuple. J’ai souvent répété pour ma part, ici même et dans les ateliers, que l’évolu-tion du logis et du meuble aurait dû com-mencer par là, par en bas, par le peuple; mais il aurait fallu décider l’industrie à re-produire des meubles simples, à renoncer GOUNIAIN qu’également éloignées de la banalité et d’une -originalité excessive. Çette manière de voir ne serait pas trop dangereuse si, considéré dans son en-semble, le public élégant, celui qui fait la fortune des tailleurs et des tapissiers, avait, pour étayer sa personnalité, de l’initiative et du goût. Le malheur, c’est qu’il n’en a pas assez pour agir résolument et susciter une émulation qui pourrait être productive. Il faudrait l’instruire, le former, le secouer. On y a renoncé, -me dit-on, et l’on tente Mobilier de salle à manger (détails) (Société Nationale) aux balustres et aux colonnades dans les mobiliers à trois cents francs la chambre. Le sacrifice a semblé trop dur au faubourg Saint-Antoine, et le peuple n’a pas pris l’habitude d’acheter aux artistes. Alors, les artistes travaillent pour ceux qui achètent! Cela se voit bien, — cela se voit trop, sauf chez deux ou trois qui, visiblement, ne se plient à aucun idéal autre que le leur, et, plus indépendants peut-être, n’en sont pas pour cela plus intéressants, au contraire. Il peut y avoir en effet u z56
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