L’ART DÉCORATIF et suivant ses pas nous pénétrons dans l’a-telier. Ici, point de fourneaux à réverbère, point de cornues, de matras ou de cucur-bites, seule une grande table où s’étalent les gemmes, les montures aux orbites creux comme des aveugles, un fouillis de matières disparates attendant que, nouveau Pygmalion, il leur communique l’étincelle de vie. Beaucoup de fleurs fraîches, des bou-quets secs un peu partout, des chapelets d’eucalyptus et la note brillante de quelques étoffes laissées dans le désordre de la chute. Aux murs, des toiles signées Clairin, Binet ou Lalique, et près d’un divan où nous causerons tout à l’heure, un mannequin couvert par les dessins de broderie d’un costume. Semblable aux artistes de la Renaissance, M. Lalique est, en effet, à la fois peintre, sculpteur et décorateur ; il poursuit dans ces trois branches de l’art le même idéal de coloris, cette concordance d’harmonie qu’il voudrait trouver chez la femme entre le bijou et la robe. Il est très catégorique sur ce point ; peu de mes clientes, nous dit-il, savent porter mes bijoux qui demandent, pour être en valeur, une tonalité unie ; il ne faut pas de broderie au corsage sur lequel repose une plaque ou un pendentif artistement travaillé ; et tandis qu’il nous expose ses idées, sa main dessine le projet d’un bracelet en cristaux sculptés, mélangés de gemmes, qui mériterait de figurer dans les récits d’Homère. Paru; BAYLE. Dessin de diadinne 2,4
Recent Comments