L’ART DÉCORATIF section des groupes en biscuit, où l’on ar-riva à une grande habileté technique, trahie, malheureusement, par le talent fécond mais banal de cet artiste. « Les Épis» (porcelaine, sous couverte) (Composition de A. Tir…) (Exécution de J. %sof( st Soulimane.Grniidscricky) L’empereur Alexandre III, peu satisfait des allures mercantiles que prenait la Fa-brique Impériale, défendit tout trafic de sa céramique et en restreignit l’activité au strict pourvoiement des nombreux palais impé-riaux en fait de services et d’objets usuels. Il donna aussi l’essor à une production ar-tistique inspirée du principe de l’art pour l’art; noble fin à laquelle il ne ménagea ni les études ni les frais. Étant à méme de suivre sur place les étonnants progrès de la céramique à Copen-hague, l’empereur ordonna de faire des essais de la découverte danoise de la pein-ture sous couverte. Ces premiers pas furent faits en 1892, à Saint-Pétersbourg, sous la direction de deux artistes danois. Et Alexandre III fut si jaloux, dit-on, des nouveaux essais, qu’il ne permit de donner de ces nouveaux vases en cadeau à per-sonne, au point qu’il conserva, sur son bureau, les débris d’un vase brisé par acci-dent. De nombreux modèles furent apportés de Copenhague et gardés dans le musée de la Fabrique comme spécimens modèles de la rénovation de l’art de la porcelaine. Ici, nous sommes insensiblement arrivés au point qui nous intéresse. Le désir de l’empereur défunt de faire sortir la céra-mique russe des voies battues et rebattues, en en rénovant la facture et l’inspiration, a trouvé son développement sous le nouveau règne. Le mérite en revient largement au nouveau directeur, le baron Wolf. Artiste passionné et d’un goût sûr et d’une activité hors ligne, il vient de faire faire des pas de géant à la fabrique à lui confiée, depuis quatre ans qu’elle est sous ses ordres, ainsi que la fabrique de verrerie qui depuis 1890 ne travaillait qu’au verre fin et au cristal. Annexée depuis longtemps à la manufacture de porcelaine et mise sous la méme direc-tion, on peut dire hardiment que le baron Wolf l’a portée en avant de tout ce qui fut fait au monde en cette spécialité. Avant de présenter les productions nou-velles de la Fabrique Impériale en fait de porcelaine, nous ouvrirons en premier lieu une parenthèse admirative aux objets en verre gravé, parce qu’ils sont arrivés à un degré inouï de perfection et qu’ils s’im-posent à l’admiration sans réserve par l’ef-fort prodigieux qu’ils représentent comme main-d’œuvre. Le verre, cette matière de vil prix, friable et fragile, est devenu ici précieux à l’égal des pierres fines. Les vases que nous 164
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