FRANCISCO DURIO 1,,ORATEUR, cet artiste l’est essen-L, tiellement et pleinement ; à tel point que, pour étudier à fond — cc n’est pas ce que je me propose de faire en ces indications brèves — son effort à cette date accompli, nous devrions nous placer tout de suite au point de vue de l’art décoratif et ne pas nous en départir. Mais la décoration telle qu’il l’en-tend a ceci de particulier qu’elle est l’ex-pression d’une pensée. Pas plus aux grâces spontanées de la na-ture qu’à nos arrangements ce décorateur ne se limite, et le drame individuel des visages l’intéresse sans le satisfaire. Il aime peu les formes de ce temps ; je ne sais trop s’il eût beaucoup aimé les formes d’aucun autre temps précisément désigné. Les siècles d’art, qu’il a étudiés sans méthode (que celle de la passion — n’est-ce pas la bonne? —), ont laissé dans sa mémoire chacun quelques souvenirs de choix, dont son goût a fait un ensemble harmonieux, étrange et logique, le décor familier, le musée intime de son esprit. Plus volontiers toutefois dépasse-t-il l’histoire. Ses yeux pleins de ciel et de passé, ses yeux d’enfant très pur et très entété, ne voient dans les manifestations infiniment variées Broche et pendant de la vie mouvante que prétextes à l’ex-pression d’une vie, en vérité, éternelle, d’une vie immuable, immobile, l’Idéal une fois pour toutes arrêté et fixé, jadis, aux jours ingénus du monde. Cet idéal comporte une naï-veté grave, quelque rudesse, un peu de barbarie, et c’est pourquoi les réali-sations de l’artiste très conscient et très affiné font par-fois songer à celles de cette originelle humanité dont les savants nous montrent de vivants exemplaires chez les contemporaines peuplades primitives. Par là Durio rejoint ce créa-teur extraordinaire de qui nous déplorions récemment la perte, ce puissant décorateur, le Maître de Tahiti, Paul Gauguin. Du reste, et il est juste et nécessaire de le dire, Gauguin fut l’initiateur de Durio, qui lui garde — je le sais et j’en témoigne une ad-miration religieuse, une gratitude et une piété absolues. Selon ses beaux instincts et à l’exemple de son maitre, Durio procède par rapides synthèses et, contraignant la nature à exprimer ce qu’il pense, ce qu’il sent, la déforme hardi-ment pour la réinformer. La Nature est matière, l’Es-Bague Boucle de ceinture 118 prit est matrice.
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