L’ART DÉCORATIF ration demeuraient chez nous ; il ne fallait qu’une renaissance du goût longtemps com-promis pour leur apporter des forces et des ressources matérielles. Il nous a semblé au cours de ces dernières années, et l’Exposi-tion du Musée Galliera nous parait démon-trer, que cette évolution entre dans une période active, et qu’un relèvement décisif pourrait n’être pas éloigné. L’apport du XIX. siècle, s’il est ici comme presque partout, d’apparence assez impersonnelle, n’est cependant pas dépourvu de signification. On a remis en honneur, et dans des conditions techniques plus par-faites que jamais, les plus beaux motifs des XVII. et XVIII. siècles. On n’a pas créé, c’est vrai, un nouveau style, on n’a inau-guré aucune nouvelle tendance, mais on a su recréer et harmoniser avec tact et avec goût le patrimoine des aïeux. C’était une excellente préparation à une évolution plus importante, plus décisive; et il est permis de dire que les belles reconstitutions pré-sentées par les fabricants cités plus haut forment une transition logique entre le prestige ancien des dentelles et le prestige nouveau que lui prépare toute une jeune génération résolue à moderniser la dentelle comme le reste. Quand on voit des collaborations comme celle de Victor Prouvé et de Courteix, des tentatives comme celle de Félix Aubert, et quand on examine en détail (ce que je m’excuse de ne pouvoir faire ici) tant de dessins et de projets vraiment neufs, vrai-ment heureux, vraiment dignes des meil-leures époques, il est impossible de ne pas avoir foi dans cette renaissance d’un art qui allait mourir. Et l’on finit par savoir gré aux organisateurs d’avoir voulu donner plus d’expression et plus de force à leur manifestation, en ne nous montrant que l’oeuvre d’hier et celle de demain, sans nous émouvoir par le voisinage d’un passé écra-sant. ÉMILE SEDEYN. IO• MADELEINE BILLE (D’aprês un dessin de Jacques Bille) 150 Col brodë
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