■ (Gravé au burin par Florian) ‘1111e. rte-LES DESSINS DE PAUL RENOUARD AU MUSÉE DE LUXEMBOURG PAUL RENOUARD, dont une exposition tem-poraire vient de réunir une collection de dessins au Musée de Luxembourg, est par excellence dessinateur. La vie avec tous ses aspects, toutes ses formes, tous ses mouve-ments, ne cesse pas de le séduire, et d’année en année il la traduit avec plus de facilité et de puissance. Volontiers on le comparerait pour le labeur à Hokousaï, le vieillard fou de dessin, qui, à soixante-dix ans, apprenait encore à se rendre mieux maître des formes. L’évolution de Renouard semble pareillement obstinée et constante. Les débuts annoncent surtout un travail-. leur consciencieux, ennemi du truquage et de l’apparence artiste, destinée à cacher l’insuffisance du dessin. Il ne pose pas à l’esthète ; il note simplement un fait divers ; il ne veut être qu’il-lustrateur, journaliste même, et rien de plus. Sa manière est franche, sans faux brio, mais elle plaît justement par la sincérité de l’observation et du rendu, par le métier honnête du dessin fouillé à la plume, par la vérité des figures. Les périodiques accueillent vite Renouard : la Revue Illustrée, le Har-per’s, le Graphic. Il leur donne des images alertes d’événements contempo-rains, et dès le début s’attache aux types; habitué des coulisses de l’Opéra, il y étudie les danseuses, les chanteurs,