L’ART DÉCORATIF Son radiateur pour chauffage électrique est une oeuvre de premier ordre, comme com-position et exécution. Ses jardinières, sa lampe, ses chandeliers, sont de petits échan-tillons de ferronnerie fort intéressants. Un balcon dont le motif principal est emprunté au lys, témoigne du concours important que M. Robert peut apporter aux architectes. Après ces dentelles de fer, passons aux vraies dentelles et aux broderies de M. F. Courteix, qui a montré tant de persévé-rance et de clair jugement dans la moderni-sation et dans la remise en faveur de ces attributs décoratifs d’un genre particulière-ment délicat. On sait que M. Courteix a pour collaborateur habituel un des meilleurs artistes de l’école de Nancy, M. Victor Prouvé, qui lui fournit des modèles d’une exquise nouveauté ; c’est, cette fois, un superbe em-piècement de corsage à l’originalité discrète, plusieurs motifs et galons de broderie où l’heureuse harmonie des couleurs est pour beau- c-o-u-p- dans la distinction de l’ensemble. — F. Courteix expose aussi, exécutés d’après ses propres modèles, d’ingénieux motifs de passementerie et de superbes dentelles. Tout cela est d’un goût très sûr, et d’un travail remarquable. Il est difficile au public d’apprécier à leur juste valeur le mérite et l’intérêt d’une pièce de céramique. Les grès décorés au grand feu continuent d’être en honneur, parce qu’ils sont tout désignés pour s’allier discrètement avec les tons éteints des étoffes et des tentures à la mode en ce moment ; mais, même parmi les amateurs que ravit un curieux effet d’oxydation, une bizarre coulée d’émail, combien peu savent ce qu’il faut de recher-ches pour ob-tenir un effet nouveau, une couleur d’un éclat particu-lier! M. Albert Dammouse ap-paraît cepen-dant à chaque exposition avec des trou-vailles intéres-BELV1LLE Plaquette de cuir repoussé osantes, et si 5z E. BELVILLE Pendant les transformations multiples qu’il obtient du grès ne peuvent pas toujours frapper le pas-sant, il appartient à ceux qui suivent l’effort passionné du maître céramiste d’en noter à la fois l’abondance et l’intérêt. Les vases et coupes en émail du. même artiste, et, dans une note toute différente, les émaux de M. Arthur Jacquin, indiquent aussi une connaissance étendue de cette branche de la chimie, connaissance dévelop-pée et enrichie au jour le jour par d’inces-santes recherches, où la personnalité de cha-cun de ces artistes se reconnaît et s’accuse de plus en plus. M. Arthur Jacquin ne se borne pas à « parfondre » des émaux. Il nous montre à la « Poignée » force bijoux et bibelots où l’émail est parfois combiné avec le métal, mais où, plus fréquemment, celui-ci, em-ployé seul, reçoit des patines d’un curieux effet, qui donnent à ces oeuvres une origi-nalité frappante. Il y a là, en particulier, un fort joli pendant en argent, avec perles et pierre fumée ; des boutons en argent pa-tiné, décoré d’hippocampes, etc. M. Jacquin FIND ART DOC