UN ARTISTE SUISSE CONTEMPORAIN ERNEST BIÉLER pol miner qui veut exa-avec quel-que sérieux les mani-festations artistiques de la Suisse contem-poraine, il est hors de doute que ce pays offre bien des ali-ments à notre curio-sité et à notre intérêt. L’occasion s’est pré-sentée deux fois en ces dernières années de voir réunie la presque totalité des peintres suisses, à Paris d’abord en 1900 et plus récemment encore l’été dernier à Vevey, et l’une et l’autre fois ces artistes nous pa-rurent mériter l’attention. Ils ne constituent pas à vrai dire un groupe compact, animé des mêmes désirs, soucieux des mêmes re-cherches. Des influences diverses, qu’expli-quent parfaitement certaines dissimilitudes essentielles de races, de langues et de climats, ont orienté différemment ces artistes, ont créé parmi eux plusieurs écoles s’imposant par des qualités particulières, tout en con-servant certaines caractéristiques identiques. Ceux du nord, le puissant Boecklin, son élève Sandreuter, tous deux disparus, M. Fritz Kunz, M. Schcenberger, M. Max Buri, restent résolument allemands, aussi bien par la nature de leurs sujets que par leurs procédés de composition et de technique. Les peintres de la Suisse française, au contraire, se rattachent plus particulière-ment à ceux de notre pays, parenté qui ne date pas d’hier. Voyez par exemple, au début du XIXe siècle, les oeuvres fines et délicates 4 de Firmin – Massot, un portraitiste de Genève dont la vogue fut immense: ne nous fait-il pas souvenir de Boilly? De même l’influence française se manifestera encore aujourd’hui chez de nombreux artistes d’au delà des Alpes. Tel Eugène Bur-nand qui apporte à ses grandes toiles de reconstitutions reli-gieuses un si juste souci de beauté; tel Hodler chez lequel apparaissent souvent au milieu de symboles un peu confus et d’un goût très discutable des morceaux de franchise et de plénitude, dignes d’un peintre de race en un mot; tels encore d’autres artistes moins con-nus chez nous, tels que M. Albert Muret, M. Jean Morax, M. Gaulis, M. Auberjonois… Aucun pourtant parmi les peintres suisses d’aujourd’hui ne nous paraît réunir plus de qualités personnelles que M. Ernest Biéler et incarner en lui les fortes et saines qualités de sa race. Les préraphaélites anglais ne furent pas tout d’abord sans l’influencer et il goûta le romanesque passionné de Rossetti autant que la souple élégance de Burne-Jones ; plus amoureux de la nature et de la vérité que ces artistes, il les oublia bientôt pour ne suivre que la seule impulsion de son tempérament, si bien que M. Biéler nous apparaît véritableMent original, autant dans lé choix de ses sujets que dans ses moyens d’expression, qualité si précieuse qu’il faut toujours la saluer avec joie en un 6 FIND ART DOCK
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