Pointe sèche PAUL HELLEU et des silhouettes de jolies médisantes, il n’est pas qu’un ravissant peintre de genre. Il dépasse le Keepsake et atteint l’observa-tion. Il juge avec une anse incisive et hau-taine le décor que sa fantaisie picturale envisage avec plaisir. Là comme partout, il est quelqu’un de très fin, à l’écart. Cette mélancolie, c’est la mélancolie du vide. Par delà le thé coquet, les robes jolies, les apprêts, les phrases allant avec les cha-peaux, les psychologies prévues pour les costumes, les sentiments de la nuance des étoffes, et toute la mise en scène de ce qui se portera cette saison, depuis l’ombrelle jusqu’à l’âme, — par delà s’étend la région de la vie profonde, douloureuse, exaltée, avec ses cynismes insatisfaits, ses élans brisés, ses égoïsmes, ses longs sacrifices en silence, ses vanités et ses haines. Et la vie du monde se tient en dehors de cette vraie vie, et de 5 l’une à l’autre s’échangent parfois de terri-bles regards. Mais ce sont bien plus souvent des regards d’inconscience, d’ennui vague, oit s’allume l’étincelle de la coquetterie avant tout — et ce sont ces regards-là que M. Hellen fait vivre dans ses pointes-sèches, ses crayons et ses sanguines. Le vide inson-dable de ces jolis yeux trouble la pensée. Toute créature, par lui cernée d’un magistral cinglement du trait qui la suscite entière au blanc de la feuille — vide sur vide — est surtout un ornement, une com-binaison de courbes et de volutes rassem-blées délicieusement sur deux ou trois points qui les engendrent, corniste des plis à la boucle d’une ceinture. Et de ces points elles s’élancent et divergent pour indiquer et Pniute sèche