L’ART DÉCORATIF des chairs chaudes et savoureuses comme des fruits mûrs, cette maîtrise et cette sûreté de dessin qui caractérisent son oeuvre. Mais Faivre s’est peu à peu dégagé de Le charme de son oeuvre, c’est la volupté. Ses femmes — presque toutes du moins —paraissent destinées à être dans la vie de grandes amoureuses. Chez elles, la sensualité domine ; elles sont gra-cieuses et accueillantes, aimables et tendres, avec le besoin autour d’elles d’une théorie d’admirateurs; les sitting room art moderne ne conviennent guère à leur grâce troublante et surannée. Il leur faut des boudoirs capitonnés où traînent eld-core dans l’air des odeurs subtiles et douces, les chaises longues aux soies passées, tout le raffinement d’une époque abolie; leurs pieds aux fines bottines ne sau-raient toucher le pavé boueux des rues et des boulevards et ne savent que glisser sur le sable lisse des allées de Versailles; leurs grâces me-nues s’attarderaient volon-tiers dans les bosquets pro-pices, loin des regards indiscrets. Notre sympathie va plu-tôt à ceux des peintres de femmes qui nous donnent une idée précise et une image fidèle de la femme de ce temps : tel Antonio de la Gandara, dont les subtiles et nerveuses héroïnes syn-thétisent bien l’image de la Parisienne d’aujourd’hui; tel Jacques Blanche avec ses portraits tout palpitants de vie réelle, enlevés avec une virtuosité étourdissante sur des fonds de jardins ou de pars ; tel Helleu en ses rapides et justes notations. Mais Faivre dans ses tableaux poursuit un autre idéal. De la vie réelle ses dessins et ses caricatures sont une image suffisamment fidèle, suffi-samment cruelle même. Il semble donc que ses tableaux ou ses portraits de femmes soient pour lui comme une sorte d’antithèse volontaire à ces caricatures si célèbres. • FIND ART DOCj Portrait de AB, S. B. l’impressionisme officiel de Renoir, si je puis m’exprimer ainsi, pour se laisser séduire par l’art plus délicat du XVIII. siècle, et c’est par cette fusion si curieuse de deux époques — fusion qu’il a su faire parfaite — que Faivre nous attire. 204
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