L’ART DÉCORATIF saient, tandis que seuls les ivoires teintés, les cornes transparentes et les perles conti-nuaient leur chanson douce de demi-teintes harmonieuses. I. DESÇOAIPS M. Kratina, d’une jeune femme très Tanagra et d’une lourde tortue qui s’avance sur la traîne onduleuse de la robe, réédite la fable de la «Belle et la Bête forme une coupe d’un joli décoratif nouveau. Et mal-gré le côté un peu anecdote, un peu cher-ché, l’objet est charmant, d’un si joli tra-vail sûr et délicat, qu’on ne peut qu’admirer. Et encore sur l’argent de la mignonne sta-tuette M. Kratina a su mettre la plus Isar-monieuse, la plus douce patine, réserver à la figure de sa petite princesse de légende une pâleur nacrée, tandis que la robe cha-toie en tons d’acier bruni. Et nous voyons encore de M. Kra-tina d’autres objets, des médailles en haut relief, des émaux clairs, puis tout simplement des porcelaines décorées auxquelles il sait donner des formes heureuses, des ensembles de tonalités tout à fait agréables à On a vu partout les gobelets de M. Descomps, ornés de cabochons qu’en-cadre une ornementation déjà vue, elle aussi, semble-t-il, et on s’approche pour critiquer mieux, et on est tout surpris de les trouver si neufs, ces gobelets, si personnels, d’une décoration de re-liefs, figures humaines si habilement mêlées à des ornementations pures. Et les cabochons sont placés de manière si ingénieuse, si neuve aussi, enrichis-sant avec art le calice, le séparant du pied du gobelet, le rendant précieux à la manière des anciens émaux ou des grosses pierres qui suffisaient seuls à enrichir les gobelets anciens précieuse-meht conservés dans les trésors des cathédrales. Sur ces gobelets une patine unie, qui semble ne pas être autre chose que le ton un peu éteint du métal et qui donne seulement un peu plus de relief au décor, un peu plus de vie aux lueurs des cabochons. Auprès d’autres bijoux très artiste-ment travaillés, M. Becher s’est mis à faire toute une série de manches d’om-brelles, de bois tout simple, teinté, pa-lissé en tons qui semblent réels — qui, du reste, le sont dans les forêts en cou-leur de magie des tropiques de bois incrusté, ciselé, adorné de fleurs d’or, de nacre ou d’ivoire, enrichis de mo-tifs de métal précieux — serpent qui vient former anneau entre deux branches fourchues; tête d’éléphant posée en chapi-teau sur le haut d’un manche; oiseau de proie, ailes éployées, une aile droite tom-bant le long de la canne, l’autre gracieuse-ment incurvée assouplissant le Manche en courbe harmonieuse ; grappes de Heurs ou de fruits. Et, malgré leur richesse d’art, leur délicieuse préciosité, les manches d’om-brelles de M. Becher sont très simples, Calice 154