L’ART DÉCORATIF fruits d’or, qui s’épanouissent sobrement. Le bandeau sculpté se trouve divisé de dis-tance en distance par des pilastres, dont le chapiteau, ressortant sur la frise, est lui-même décoré de laurier. Au-devant des portes se détachent deux autres pilastres à chapiteau semblable, for-mant portique et supportant ces sphères ajourées qui ornaient autrefois les galères vénitiennes. grande, l’inspiration sévère, la facture large et sobre. Dans le Retour de la péche, c’est un homme qui rame, debout, le dos courbé, avec deux avirons, à la manière des bate-liers de Venise: la barque s’éloigne sur la rivière tranquille, le long de la rive plantée d’arbres. Le caractère expressif du tableau se dégage autant de ces reflets calmes, de cette monotone ligne d’arbres sur le talus, que de cet homme attelé au travail journa-A. MILES, Les traditions locales revivent encore dans deux bancs de bois, du sculpteur Cadorin, décorés de figures formant les pieds, et d’une bordure de pommier à relief plus léger. Dans ce cadre d’un très vif intérêt, M. Fragiacomo, l’un des peintres véni-tiens qui méritent aujourd’hui le plus d’attention, nous permet, grâce à une dou-zaine de toiles, d’apprécier son talent de peintre, après nous avoir mis à même de louer son beau sentiment de la décoration. C’est la nature qui l’intéresse, le paysage animé de quelques figures qui ne restent qu’un élément dans la composition, sans en accaparer toute l’importance. Elles s’ab-sorbent, dirait-on, dans la vie et dans le sentiment de la nature. L’impression est Le Batelier (Photographie Nay, Nolise) lier, rapportant le butin qui ne semble pas charger la barque. De même, la peinture simplement appelée Mer ne veut montrer que le souple mouve-ment des lames, avec leurs torsions, lentes sursauts, leurs écumes, sous le vol noir d’un ciel à grain. C’est donc le jeu des éléments du monde physique qui est mis en scène, et les silhouettes de bateaux qui se profilent sur l’éclaircie du ciel ne sont là, en quelque sorte, que pour mettre, au point de vue expressif et sentimental, la composition à l’échelle humain?, pour montrer la vie de l’homme sans cesse enveloppée par la vie plus vaste de la nature. M. Milesi, dont nous avons déjà noté un beau portrait dans la première salle vénitienne, se retrouve ici avec d’autres 1 2 2