L’ART DÉCORATIF les Flandres, enfin l’Hymne, l’Elégie et la Chan-SOIT M. Aimé Morot a peint le plafond du grand foyer. MM. Thoudouze et Raphaël Collin ont décoré les deux petites salles qui se trouvent aux extré-mités du foyer. Nous avons dit que le plafond de la salle est de M. Benjamin-Constant. Voici les opéras-comiques qui y sont représentés Mignon, sous les traits de Mme Galli-Marié ; Carmen, personnifiée par Mme Emma Calvé, Manon, sous les traits de Mme Sybil-Sanderson. A l’arriéré-plan, parmi les nuages, d’autres groupes passent : la Darne Blanche, le D01,1i110 noir,le Postillon de Long-jumeau, etc. Deux tons principaux ont été adoptes par l’artiste le bleu et la couleur orangée. o La Société Nationale des Beaux-Arts qui avait perdu son président, Puvis de Chavannes, s’est réunie au lendemain des funérailles et aimmédiate-ment élu ‘à sa place M. Carolus Durand, Charles Garnier â deux successeurs aujourd’hui désignés. M. Vaudremer, architecte, membre de l’Institut, a été nommé immédiatement membre du Conseil supérieur de l’Ecole des Beaux-Arts. A l’Académie des Beaux-Arts, l’élection n’a pas marché toute seule, et M. Guadet a bien failli passer, mais c’est M. Moyeux qui l’a emporté par dix-neuf suffrages sur trente votants. o M. Vignola, connu par ses dessins politiques et par les décors du Sphinx, représenté au Chat-Noir, fonde « les Vignolettes n dans la salle du Théâtre Mondain. Les « Vignolettes » seront un théâtre d’ombres et de marionnettes. Le spectacle promet d’étre et nouveau, et artistique. Le premier programme se compose de Revue Satirique, par les marion-nettes ; a° Les Babylones, ombres; 3. L’Anse des Roses, légende hindoue, par les marionnettes. o M. Buisson, directeur de l’Association d’ouvriers peintres ti Le Travail n — société coopérative dont les membres sont déjà nombreux — a eu l’heureuse idée de confier le dessin des actions de cette société rt un artiste. Il s’est adressé dans ce but û un élève de l’Ecole Guérin dont nous parlons plus haut, M. Costilhes, qui a rempli cette tâche de la manière la plus heureuse et su symboliser le sujet sans tomber dans les clichés chers aux dessinateurs industriels. Voilé un exemple à suivre par les sociétés financières. o Non content de nous inonder d’icones, l’illus-trateur Mucha a dessiné des robes pour Mine Sarah Bernhardt. Dans la Médée, de M. Catulle Mendès, il y en a trois plus jolies les unes que les autres. C’est le céramiste Emile Muller qui a exécuté le bas-relief des Bou/ut/sers d’Alexandre Charpentier que nous avons rappelé dans notre dernière chro-nique et que nous avions attribué par erreur â M. Bigot. Poules iconophiles: il a été tiré vingt exemplaires japon, sans lettres, de l’estampe de G. de Foute, que nous enverrons contre mandat de dix francs. Nous publierons la prochaine fois une réduction de l’affiche que nous avons demandée à tiens Christians.) et dont nous céderons aux collection-neurs quelques exemplaires sur papier de luxe, au prix de deux francs. HELSINGFORS (Finlande) On organise un peu partout en Finlande ce qu’on appelle des r Expositions-Loteries n. Des entre-preneurs plus hardis qu’éclairés viennent d’eu mon-ter une â Helsingfors sous le nom d’ » Exposition des Industries d’art. s Elle ne répondait guère a son titre ; c’était une sorte de grand déballage d’ar-ticles industriels, et des moins bons meubles re-naissance, Louis XV, Louis XVI, glaces à dorures criardes, verreries de troisième ordre, céramiques banales, etc. Parmi ce fatras d’objets vulgaires se trouvaient pourtant quelques belles choses. La Svenska Han-darbetets Varier (Suède), exposait ses belles tapis-series et broderies d’église, malheureusement trop peu connues dans les autres pays ; M. Hedberg (Suède), des reliures parfaites comme traitement et superbes comme matières; M.Vennerberg (Suède) un gracieux service à thé décoré en violet et vert ; M. Halberg (Suède), des objets en argent repoussé; la société anonyme u Iris » â Borgae (Finlande), d’élégants meubles et des poteries. L’incompétence de la commission d’art d’Helsing-fors s’est manifestée par l’achat, pour le musée d’art décoratif de la ville, d’un meuble composé de réminiscences du Louis XV, du Chippendale et de l’Empire. Ce n’est pas celé qui formera le goût des artisans dut pays ! Dans les galeries des magasins d’objets d’art de M. Hagelstam, la société r Iris r a exposé quelques meubles de salle à manger et de salle de billard d’une conception parfaite. Ceux de la salle à man-ger ont une grande allure en leur massivité sans lourdeur. D’autres meubles en bouleau teinté d’un très beau vert foncé, avec pentures et poignées en cuivre rouge, donnent une sensation douce de re-pos. M. le comte Sparre, créateur et directeur de cette société, manifeste dans ces meubles une évo-lution vers un art très personnel. La société » Iris » est un établissement unique en Europe comme or-ganisation, que nous nous proposons de faire con-naitre prochainement à nos lecteurs. A. W. F. LONDRES M. Gleeson-White, critique d’art et fondateur du y Studio », est mort subitement du typhus le 19 octobre. Le nom de M. Gleeson-White était étroi-tement lié à toutes les manifestations de l’art mo-derne en Angleterre ; il en était le juge le plus sûr et le plus impartial. Aussi bienveillant qu’éclairé, il aplanit souvent les difficultés des premiers pas aux jeunes. Très actif, très occupé, dessinateur d’illustrations et de reliures, gérant d’une grande maison de librairie, auteur d’un grand nombre d’ouvrages et de brochures sur les arts appliqués, M. Gleeson-White n’en trouvait pas moins le temps de suivre pas ri pas tout ce que l’art produisait de nouveau, et l’on peut dire qu’il fut l’âme du s Studio v. Nous regrettons en lui non seulement un collègue hautement estimable, mais un ami. M. G. 103
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