L’ART DÉCORATIF — à l’étude duquel il a consacré plusieurs années — de dessins nouveaux propres à faire valoir le charme de ces teintures,’et qui possèdent sur les essais de même genre. d’autres artistes hollandais l’avantage d’un caractère européen et moderne. Nous aurons l’ocassion de montrer qu’en architecture et en mobilier, les commencements de M. Prikker sont aussi pleins de promesses. P. M. J. MENDES DA COSTA M. da Costa, dont nous reproduisons qdelques faïences décorées p. 88, s’est fait connaître surtout comme sculpteur. Il a cherché ses sujets surtout dans la faune exotique ; il y a de lui des singes et des marabouts sculptés en pierre et en bois dans lesquels il a su traduire un esprit d’observation remarquable dans un style qui ne manque pas de personnalité. Reste à savoir si la nature de son talent peut s’adapter à la décoration des surfaces. A cet égard, M. da Costa a tout au moins des progrès à faire, car ses décors de faïences abondent d’intentions plastiques qui sont tout l’opposé des convenances du genre. USTENSILES ET BIJOUX DE L’ÎLE DE WALCHEREN Les habitants de l’île de Walcheren sont très-attaches à leurs traditions, comme d’ailleurs toute la population de la Zélande. Ils portent encore le costume de leurs grands-pères. Tout le pays est éclatant de couleur; les murailles des maisonnettes blanches ou jaune-clair, leurs volets vert vif, letus toits en tuiles d’un beau rouge s’harmonisent -en un ensemble d’une rare vigueur. Tout ce qui peut se peindre est peint datas ce coin de terre. Chose curieuse, dès qu’une famille se convertit à la mode, elle abandonne ces traditions de couleur avec les autres, et bientôt après, son habitation est repeinte du brun-jaunâtre le plus maussade qui se puisse imaginer. Nous reproduisons p. 86 et 8.j plusieurs objets de parure, la plupart en argent, que les femmes portent encore dans beaucoup de villages de Walcheren. La plupart de ces objets sont décorés d’ornements qui, dans leur archaïsme, rappellent les formes norvégiennes; d’autres, comme les ciseaux, portent l’empreinte du dixhuitième siècle. Aujourd’hui, ces parures rustiques commen-cent à passer à l’état de curiosités. Les étrangers qui visitent l’île en emportent comme souvenir de voyage ; nous en verrons bientôt à la vitrine des brocanteurs. Pas de doute que l’industrie vienne un de ces jours au secours des brica-bracomanes , et qu’il se Monte à Walcheren comme c’est déjà fait. en Norwège — une fabrication de vieux bijoux du pays, enlaidis et gatés par l’incompréhension de leur charme naïf. P. Les culs de lampe de ce numéro sont de MM. H. Christiansen à Paris, M. Elskamp à Anvers, G. Lenunen, Th. van Rysselberghe à Bruxelles et E. R. Weiss à Karlsruhe.