el »ART DÉCORATIF A L’EXPOSITION DE 1900 En attendant ]a description des ouvrages d’art qui figureront à l’Exposition universelle de Paris, il est un certain nombre de questions que nous devons traiter ici, comme intéressant l’art industriel ou les ouvriers d’art. Une des plus intéressantes est la mention du nom de l’ouvrier d’art à côté de celui de l’industriel exposant. Au cours des rapports accoutumés des ouvriers avec les industriels qui les emploient, soit a demeure et à traitement fixe, soit sur commande et aux pièces, le principe de l’offre et de la demande est réciproquement observé. L’ouvrier d’art donne son travail en échange du salaire convenu. Le fabricant, qui assume les risques de son entreprise, se réserve toutes chances de bénéfice et de notoriété. Il paie ; le marché tenu, patron et ouvrier sont quittes. Mais vienne une exposition publique des œuvres ainsi produites en collaboration, il est de toute justice, de toute probité, de mentionner aussi l’auteur du travail. – Cette mention nominative doit être permanente et bien en vue, pendant toute la durée de l’expoSition, afin que les visiteurs, remarquant un travail dans la inasse,puissent connaître l’artiste qui l’a exécuté. Pourquoi les ouvriers d’art seraient-ils, seuls, privés de ce droit ? On trouve tout naturel que, sur les affiches d’une pièce de théâtre par exemple, les noms des inter-prètes, des décorateurs, des costumiers, figurent obligatoirement, chaque jour, à côté du nom de l’auteur. Et l’artisan créateur d’une œuvre d’art, en suie collaboration bien plus intéressante encore, ne serait pas désigné au public, une fois tous les onze ans, par le patron qui lui doit, en grande partie, le succès de son exposition ? La question est facile à résoudre. Il suffit que le Commissaire général de l’Exposition de 1900 veuille bien inviter les comités d’admission à prescrire à tous les fabricants d’objets d’art cette désignation de leurs coopérateurs. Les peintres se plaignent de l’exiguïté de la place qui leur sera attribuée ai l’Exposition de 1900. On sait que les beaux-arts seront logés dans le Grand Palais quis’élève entre l’avenue d’Antin et l’avenue centrale. Déduction faite des salles ré-servées aux chefs-d’œuvre du siécle, l’architecte du Palais compte sur 2,boo •mètres de longueur de cimaise. Mais M. DaWant assure qu’après examen ces 2,600 mètres se réduiront au 1,505 mètres, alors qu’au Palais des Machines, il y en avait 2,850. En réservant 6o sh,’ des cimaises disponibles à la France et 40 ‘1,1,, aux sections étrangères, comme c’est l’usage aux Expositions universelles, les français pourraient exposer une moyenne de 855 ta-bleaux et les Orangers 650. Dans ces conditions, les deux sociétés prévoient que la cimaise ne pourra être accordée qu’aux membres du jury et à quelques rares privilégiés. Les artistes ne se rendent pas compte que plus il y ourdi d’oeuvres accumulées dans leur palais, moins le public s’y arrêtera. Il serait à souhaiter que le Salon de 1900 fut un peu e meilleur ô que les autres et une sélection plus sévère s’impose. Ces messieurs sont vraiment difficiles à contenter. Ils furent les seuls à pleurer la nuise â bas de l’affreux Palais de l’Industrie, etgémirent quand on les installa — fort sinon très élégamment — dans le Palais des Machines. Au-jourd’hui qu’on leur élève un Palais, presque pour eux seuls, ils se plaignent encore. Notons du reste que la protestation n’émane que des peintres en tableaux. Les décorateurs et les sculpteurs attendent et espèrent ; ils trouveront toujours où exposer. 45 Le .jprvice des Beaux-Arts de l’Exposition de 1900 a désigné les artistes auxquels seront confiés les travaux de sculpture et d’ornementation du Grand Palais des Champs-El ysée s et du pont Alexandre In. Pour le GrandPalais, on a fait appel au concours du sculpteur Buccins, pour l’exécution d’une frise. Elle représentera l’histoire de l’art en portraits de ses célébrités. Les grès entrant dans cette frise seront cuits par la manufacture de Sèvres. M..joseph Blanc est chargé de dessiner et de peindre les cartons de la frise décorative de la partie postérieure. La sculpture sera confiée à MM. Sicard, Fagel et 13aralês. M. Récipon, sculpteur, exécutera les quadriges surmontant les pavillons d’angle du Grand Palais, en façade sur l’avenue centrale. In balustrade du pont Alexandre III, comportera deux figures en bronze de MM. Massoulle et Morice. Les grands lampadaires seront entourés de groupes d’enfants en bronze par M. Gauguié. M. Frémiet est chargé de l’exécution de deux des Pégases avec Renommées qui domineront les grands ‘pylônes à l’entrée du pont. Les autres Pégases seront confiés à MM: Steiner et Granet. Au devant -de chacun des pylônes sera placée une France par MM. Marqueste, Continu, G. Michel et L. Lenoir. Enfin les notes officielles nous apprennent que MM. Dalou et Gardet vont sculpter v quatre lions décoratifs tenus en laisse par des figures d’enfants n qui seront placés en avant de l’entrée du pont. Un vœu pour terminer Puisque l’Administration des Postes ne parait pas décidée à procéder au tirage des nouveaux timbres qu’elle avait commandés à M. E. Grasset, pourquoi n’en ferait-elle pas une édition spéciale dite n de l’Exposition de 1900 n que les parisiens colleraient, à• titre de propagande, sur leurs divers envois, comme cela se pratique déjà dans nombre de grandes expositions universelles. On sait que ces timbres, sans valeur numérique, sont vendus par grandes feuilles et ne dispensent pas de l’affran-chissement réglementaire. Voilà un revenu nouveau pour l’Administration, qui comblerait de joie les philatélistes. GEORGES BANS, FIND ART DOC
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